Zoubir Khélaifia

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Le CV. deZoubir par lui-même :

E-mail : madzo madzo <madzo2006@yahoo.fr>

Né un jour de l'été 1959 à la Zaouia, un quartier qui m'est immensément cher de par son hospitalité comme le sont les anciens quartiers de la ville.
C'est à l'école maternelle que j'ai fais mes premiers pas en 1964 avant de rejoindre l'école nouvelle, actuellement CEM El Antari, dont Bensiahmed Baniche était le directeur. D'ailleurs je me rappelle vaguement du jour où le CEG a été baptisé au nom de Ibn Sina par Taleb El Ibrahimi qui était à l'époque ministre de l'éducation.
J'ai fréquenté aussi le CEG à l'époque des Lubin, Guitar et Journée sans oublier bien sûr Akboudj, Lazhar Zemmouchi, que Dieu ait son âme, Lazhar Saouli, Kennouchi, Berrah, Adjel, Goumeidane et tant d'autres enseignants dont les noms m'échappent aujourd'hui et que je tiens à remercier pour leur sens de droiture et surtout leur acharnement à rendre service aux élèves de l'époque qui aujourd'hui représentent la fierté de la ville.
Après le cycle moyen, j'ai été admis au lycée polyvalent, actuellement Zinai El Hadj Belgacem, où je suis resté deux années pour ensuite rejoindre Alger et plus précisément le lycée Emir Abdelkader de Bab El Oued où j'ai décroché le baccalauréat avec mention.
La nostalgie m'a poussé à quitter Alger pour suivre des études en mathématiques qui m'ont permis d'enseigner cette matière pendant quelques années à Ibn Sina. Cette intermède m'a beaucoup aidé à bien réfléchir sur ma situation professionnelle. J'ai décidé donc de tout quitter pour me retrouver accidentellement dans le milieu de la presse écrite en 1989. Un métier qui m'a d'ailleurs passionné et que je n'ai plus quitté depuis. J'ai pratiquement exercé dans tous les quotidiens de langue française en occupant plusieurs postes de responsabilité, y compris celui de directeur de la publication d'un quotidien national.
   
     

Quelques uns de ses articles de la presse écrite

 
 
Oum El Bouaghi
Djazia, la commune oubliée
 
Reportage réalisé par Zoubir Khélaifia(*)
 
Si on remonte le temps, Djazia, la mythique berbère, s’ornait de ses plus beaux atours pour attirer sur elle le regard des hommes subjugués par sa beauté mais surtout par son intelligence aigue. Dhiab, le chef hilalien, tomba sous son charme au point où, comme le rapporte les historiens, il n’hésita pas à commettre les pires exactions lorsque Djazia épousa contre sa volonté un roi romain qui menaçait de massacrer sa tribu si celle-ci s’opposa à cette union. L’histoire de cette femme, d’origine princière, demeure toujours vivace, notamment en région chaouie. Beaucoup de femmes portent aujourd’hui son prénom. Une commune de la wilaya d’Oum El Bouaghi, située à 60 km à l’est du chef lieu de wilaya, le porte aussi mais les atours, les parures et les ornements ont cédé la place au dénuement et à la misère. L’indigence étant telle qu’on se croirait sur une autre planète.
Classée, en 2000, comme la plus pauvre commune du pays par des experts onusiens,  Djazia souffre en silence, dans la dignité aussi, sauf que ce silence et cette dignité la plongent de plus en plus dans la misère qui se répercute affreusement sur le mode de vie de ses citoyens résignés à leur triste sort malgré les efforts consentis par les élus locaux. Une commune enclavée de 4255 habitants où, dès que vous y mettez les pieds, un profond sentiment de désolation vous envahit tant la misère est visible à l’œil nu, voire ostensible. Le froid sibérien de cette période de l’année en rajoute son grain de sel donnant à ce trou perdu une image fantomatique comme ce fût le cas lors des années 90 lorsque celui-ci a été déserté par ses habitants pour fuir le terrorisme qui régnait en maître sur les lieux. Plus de 70 personnes ont, en effet, été assassinées et tous les édifices publics ont été incendiés au moins une fois durant l’année 94, période où le terrorisme faisait rage dans la région. Le siège de l’APC, l’agence PTT, le parc communale, la garde communale et l’unique officine pharmaceutique ont été en la cible d’attentats terroristes.
D’une superficie de 19860 hectares, cette localité à vocation agropastorale, et contrairement à ce l’on pense,  ne subsiste pas uniquement grâce à l’agriculture mais plutôt au bois et au charbon des forêts avoisinantes qui s’étalent sur 9600 hectares. C’est pratiquement la seule source de vie des familles qui sacrifient l’avenir de leurs enfants  afin de les aider à subvenir à leur besoin. La seule école primaire de Djazia se vide de plus en plus de ses élèves préoccupés plutôt par ramasser du bois et du charbon que d’acquérir la connaissance qui ne les nourrit ni eux ni leurs familles. Le peu de collégiens et de lyciens de cette commune sont scolarisés dans la daïras avoisinantes, à savoir Ain Beida et la Meskiana et rencontrent les pires difficultés pour s’y rendre, la commune ne disposant que d’un seul bus qui fait quotidiennement la navette. 
En 2000, et sous la coupe du ministère de la solidarité, des émissaires de l’ONU ont établi une expertise sur la situation sociale de cette commune, composée de 3 mechtas, Djazia, Henchir Ouled Arama et El Forn. Ces experts ont alors élaboré un programme d’action qui s’étale sur 5 ans mais sa traduction sur le terrain tarde à voir le jour laissant installer la suspicion et jetant l’opprobre sur les responsables locaux.
Ce programme d’une valeur de 78 milliards de centimes, comporte la création d’une commune pilote dont les objectifs se résument en la réalisation de tous les projets dans différents secteurs. L’engouement autour de ce projet n’aura duré qu’une seule année durant laquelle, 50 unités d’élevage de bovins, 17 unités d’élevage de poulaillers, 25 projets curage et équipements de puits ont été réalisés en plus de l’équipement des écoles des 3 mechtas et de la réhabilitation de 150 logements à raison de 150.000 DA l’unité. C’est ce qu’a affirmé, Belkhiri Abdellah, le P/APC de Djazia soutenu par son secrétaire général, Larbi Berrah. Pour ce dernier « ce programme approuvé par le président de la République est à l’arrêt depuis 2001 » évitant manifestement de s’étaler sur la question ni sur les raisons de cette interruption qui cause, à ne pas en douter, un énorme préjudice à la commune dont 80% de la population est atteinte d’une maladie chronique.
Pour parer à cette inexplicable interruption, le wali d’Oum El Bouaghi a installé une commission qui a pour charge le contrôle, la gestion et le suivi du programme en question. Ainsi, différentes directions de wilaya ont pris en charge des projets collectifs et individuels. A titre d’exemple, 2 salles de soins ont été construites respectivement en 2003 et en 2007, la couverture de l’alimentation en eau potable est de l’ordre de 80%, l’électricité rurale est quant à elle assurée à 64%. Lors de la visite du président de la République en 2004, cette commune a bénéficié d’un centre de formation professionnel qui est aujourd’hui opérationnel et qui renferme une centaine de stagiaires environ, tous issus de cette commune. En Plus de ce centre de formation, un CEM, d’une capacité de 720 élèves, est en cours de réalisation. M.Berrah affirme à ce sujet « les travaux avancent à très grands pas et tout sera fin prêt au mois d’août prochain, c'est-à-dire durant la prochaine rentrée scolaire ».
En 2007, Djazia a bénéficié de 1milliard 207 millions de centimes, une somme qui représente le budget annuel alloué par l’état à la commune dont 75% sont affectés pour les charges du personnel. Un montant dérisoire pour un village qui sombre dans la pauvreté malgré les explications de S.G, Larbi Berrah. Celui-ci soulignera « 200 millions vont à la précaution, c'est-à-dire la quote-part allouée à l’APC selon le nombre des habitants, la moins value est de l’ordre de 257 millions tandis que la subvention d’équilibre des budgets se chiffre à 750 millions ».
Durant la même année, la Wilaya a consenti d’énormes efforts pour le désenclavement. Pour relier le chef lieu de la commune à El Forn, l’état a investi 2 milliards de centimes, tandis que la réfection de la route menant à Ouled Arama a coûté 1milliard 800 millions de centimes. 500 millions ont été alloués au forage dans cette commune du fait que l’eau y manque cruellement et enfin 1milliard pour l’aménagement urbain.
Même si du côté officiel on s’efforce, chiffre à l’appui, à donner une reluisante image de la commune et à vanter les mérites du wali d’Oum El Bouaghi, il n’en demeure pas moins que les habitants de Djazia se plaignent du peu de considération qu’on leur accorde dans la dite wilaya. La création de l’emploi demeure une chimère, l’investissement étant aussi une illusion dans une commune qui n’offre aucun avantage pour ceux qui oseraient s’y aventurer. Dans ce registre, il est à noter que les diplômés du centre de formation professionnel, et dans le cadre du programme du président de la République, bénéficieront très prochainement d’une trentaine de magasins qui sont fins prêts. Le P/APC dira « ces magasins donneront une autre image à notre commune où même un café maure n’existe pas ».
A défaut d’emploi, les chômeurs investissent quotidiennement le siège de l’APC dans l’espoir de s’inscrire dans le filet social qui soulagera un tant soit peu leur misère. Les efforts consentis dans ce domaine sont insuffisants si l’on se fie aux dires des citoyens, notamment ceux qui n’en bénéficient pas « malgré plusieurs sollicitudes, on refuse sans explication aucune de m’octroyer cette aide » dira un père d’une famille nombreuse. Interrogé sur ce sujet, le S.G rétorquera « pas moins de 734 citoyens sont touchés par cette aide. 517 rentrent dans le cadre des allocations forfaitaires de solidarité et 217 autres bénéficient quant à eux des indemnités d’activité d’intérêt général ».
Il n’est pas sans dire qu’en l’état actuel des choses, Djazia est durement lésée, voire carrément oubliée même si dans les autres communes de la wilaya d’Oum El Bouaghi, à l’image de Ain Beida, Ain M’lila, Ain Kercha, Sigus, F’kirina, Berriche, la Meskiana, pour ne citer que celles-là, la situation socio-économique n’est pas plus reluisante, notamment depuis la liquidation des entreprises publiques. 
 
Encadré 1 :
 
 Trois questions au P/APC de Djazia
 
Depuis la visite des experts onusiens dans votre commune en 2000, force est de constater que peu de choses y ont bougé. Pouvez-vous en éclairer l’opinion publique ?
-         C’est vrai que tous nos espoirs sont tombés à l’eau et que toutes les promesses sont restées en l’air. Depuis cette visite, nous avons cru que notre commune sortira de sa profonde léthargie et que de nouveaux horizons s’y dessineront, malheureusement notre attente n’a que trop duré. Alors que nous nous contentons de miettes, les autres communes de la wilaya bénéficient de grands projets. Il est cependant à reconnaître que l’actuel wali ne lésine pas sur les moyens pour rattraper le retard accumulé en matière de développement de Djazia et toutes les mechtas environnantes. Il est désolant aussi de dire que les autorités centrales, et à leur tête le ministère de la solidarité, n’aient pas honoré leurs promesses.
Justement en parlant du ministère de la solidarité, plusieurs citoyens se plaignent de l’absence de moyens de transport dans la commune et affirment que Ould Abbès a promis d’apporter aide et assistance, notamment aux élèves de Djazia en leur offrant  un bus qui allégera leur souffrance. Qu’en dites-vous ?
-         Sincèrement, depuis 2001, date de l’interruption du programme de développement de notre commune, on n’a pas cessé d’interpeller ce ministère sur le sujet mais force est de constater que toutes nos doléances sont restées lettre morte pour ne pas dire autre chose. Le seul problème qui me préoccupe profondément et qui me tient à coeur est indubitablement la souffrance des collégiens et des lycéens qui, faute de moyens de transport, se lèvent très tôt la matinée pour se rendre à Ain Beida ou  à la Meskiana , lieux de leur scolarisation. Je lance un véritable SOS au ministère de la solidarité afin de soulager ces innocents qui n’ont que trop souffert de l’indifférence.
En pleine période de scolarité, nous avons constaté de visu des enfants de bas âge se dirigeant vers les forêts avoisinantes pour ramasser le bois et le charbon. Vont-ils à l’école ou l’ont-ils quittées pour une raison ou une autre ?
-         C’est malheureux de le dire mais ces enfants ne vont plus à l’école pour la simple raison que leurs familles vivent dans l’indigence la plus totale. On a beau essayé d’expliquer à ces familles que l’avenir de leurs enfants est en jeu mais rien n’y fait. Une triste réalité qui prouve si besoin est que Djazia est la laissée pour compte malgré nos différentes sollicitations auprès des autorités concernées.
 
Encadré 2 :
 
Le gaz de ville arrive…
Contrairement aux communes avoisinantes, les habitants de Djazia se réchauffent toujours à la poêle au mazout, pour ceux qui ont en les moyens, ou au charbon. Dans les deux cas de figure, ces deux moyens utilisés n’arrivent pas au bout du froid sibérien qui règne dans la région durant la saison hivernale. Selon le secrétaire général de la commune, Berrah Larbi, le raccordement au gaz de ville ne saurait tarder au grand bonheur des citoyens durement réprouvés par la gelée et le froid.
A ce titre, il indiquera « l’étude du raccordement au gaz de ville a été déjà réalisée et le lancement des travaux est prévu au mois de mars de l’année en cours ». Les habitants se sont montrés, en revanche, très sceptiques à ces déclarations comme a tenu à le souligner l’un d’eux « c’est toujours la même rengaine mais on ne voit rien venir ». Renseignement pris, la Sonelgaz s’engage à alimenter Djazia en gaz de ville dans les plus brefs délais.
 
Encadré 3 :
 
Les fonctionnaires de l’APC grelottent de froid
Si les habitants de la commune n’ont pas les moyens de combattre le froid, le chauffage censé réchauffer les fonctionnaires de l’APC est à l’arrêt depuis plusieurs jours. C’est en grelottant que ces derniers tentent bien que mal d’accomplir leur mission dans des conditions aussi exécrables que celles-là.
Malgré la bonne volonté du plombier de la commune, le chauffage reste « de marbre », à défaut de dire de givre.
 
(*)  Ce reportage est réalisé en début du mois de février 2008.
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