- De son vrai nom Tahar
Belgacem, Sassa fut un personnage connu du tout
Ain-Beida des années d'avant et d'après
indépendence. Il naquit à Ain-Beida vers les
années 20 et décèdera vers les années 70.
Sassa sera un personnage essentiel dans la
société beidie. A l'instar des autres
personnages qui forment cette tranche de vie de
la ville d'Ain-Beida, comme Tierda, Choumir,
Kririk et autres Laminka et Soussou, Belgacem
Sassa possédait ses propres humeurs. Il savait
se rapprocher des gens qu'il respectait pour
dénicher les sous, qui lui permettaient
d'acheter sa boite de tabac. D'ailleurs il avait
toutes ces observations précises sur les grands
et les petits faits de sa contrée et sa fameuse
ruelle de la vieille JAJA. Sa phrase
mystérieuse, chaque fois que les gosses, voire
même les adultes l'énervent, vous frappe en
même temps qu'elle vous retient aisement tout en
renfermant une vertue efficiente. Parfois dotées
d'un rhytme de poésie , ses paroles décèlent
toujours une curieuse psychologie de l'image qui
recouvre . Eté comme hiver, il porte sa large
gandoura et sa calotte rouge enfoncée dans un
crane rasé et demeure gai, doué de nobles
aspirations ou de fortes humeurs les jours de ses
misères.
- Les vendredi, Sassa
ira arborer sa plus belle toilette et ira
s'adosser au mur d'un préau de la mosquée
Chently; les "douros" vont alors
pleuvoir sur le large pan de gandoura qui
recouvre ses jambes. Sassa détient aussi un
sérieux pli d'accompagner toujours les morts aux
cimetières. Cette cérémonie funèbre demeure
très importante aux yeux de Sassa, son handicap
du pied ne l'empèche pas de l'usage solidaire de
porter la bière sur ses épaules. On aimait tant
les pantomines de Sassa dans ses jours de joie et
de fureur. En ces temps d'alors, la culture
locale à Ain-Beida était remplie de légendes,
toute parole lancée par Sassa dans ses moments
calmes était respectée et écoutée. Les
femmes, surtout avides de croyances voyaient dans
ses paroles de bon présages.Elles prècheront
alors la nécessité du sacrifice, offrant un
large plat de cooscous garni à l'agneau à Sassa
une fois de passage dans leurs quartiers.
C'était l'Ain-Beida d'antan où toutes les
franges se cotoyaient, optant pour une sincère
sérenité dans les rapports. En somme, Sassa
était ce personnage " fin, grossier et
petit " dont toute parole passait comme une
maxime qui vivra avec les ages à Ain-Beida.
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- Rachid Benmecheri
- juillet 2003