Les ordres religieux & leur origines (**)
 

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Les fautes politiques ou religieuses des Papes, aussi bien que les agissements des Souverains, ont été, dans le monde chrétien, les causes principales de la formation des schismes et des hérésies. Alors, ceux qui regardaient le Souverain - Pontife, comme le vicaire du Christ et le seul successeur légitime des Apôtres, organisèrent des associations religieuses et des ordres monastiques, pour combattre, par les armes spirituelles, les sectes dissidentes, maintenir partout l'unité de doctrine et étendre le domaine du Christianisme, tel que le comprenait la grande majorité des Fidèles restés partisans de la Papauté. Dans l'Islamisme, les mêmes causes ont produit les mêmes effets : les excès des trois premiers khalifes et l'effroyable anarchie qui, à partir de la mort d'Ali, ensanglanta le monde musulman pendant plusieurs siècles, eurent pour résultat de faire naître 72 sectes dissidentes dans la religion de Mohammed
1
(An 1 de l'Hégire. - 622-623 de J.-C.)
Ordre religieux des SEDDIKYA qui prit son nom d'Abou-eker-es- Seddik , compagnon du Prophète et premier khalife(1). - Par une suite non interrompue de chefs spirituels, (1) Les adeptes d'un ordre religieux musulman se désignent toujours par l'adjectif relatif formé du nom ou du surnom du fondateur de l'ordre, adjectif qui se termine en I au singulier et en IIA au pluriel. C'est pour rendre ces deux I que nous avons adopté l'orthographe par Y. - Dans le langage, cet ordre s'est perpétué jusqu'à nos jours. Il est encore très répandu dans le Levant, surtout en Égypte, où les khouan-profès s'appellent Mohammedia. Si Snoussi se glorifie d'appartenir à cet ordre, auquel nous ne connaissons que fort peu d'adhérents en Algérie, bien que le khalife Si Abou-Beker-es-Seddik soit l'ancêtre du célèbre cheikh Si Abd-el- Qader- ben-Mohammed, souche de la grande famille des Oulad-Sidi- Cheikh.
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(An 37 de l'Hégire. - 657-658 de J.-C.)
Ordre religieux des AOUISSYA(l), fondé par Aouis-Abou-Omarel- Karani, né à Kara, dans le Yémen, et mort en 657 de (36-37 de l'Hégire).- Aouis avait été le disciple direct du compagnon du Prophète, Omar-Abou-Assa-ben-el-Khettab-el-Farouk (le judicieux), deuxième khalife, et le premier qui prit le titre d'Émir El-Moumenin. Il était donc de ceux que les Musulmans appellent Tabi, et qui sont honorés presque à l'égal des compagnons du Prophète. C'est encore un ordre levantin, a pou près inconnu en Algérie, mais dont les doctrines sont invoquées par la plupart des autres chefs d'ordres. Le cheikh Snoussi, qui est affilié aux Aouissia (1), fait d'autant plus cas des doctrines du fondateur, qu'il est lui-même descendant de la famille du khalife Omar-el-Khettab. (1) Ne pas confondre les Aouissia avec les Aïssaoua.
3
(An 149 de l'Hégire. - 766-767 de J.-C.)
Ordre religieux des ALLOVANYA, fondé par Sid El-Allouan- Abou-Hachim-el-Kou. , mort à Djedda, en 766 de J.-C. (148-149 de l'Hégire). - Il est cité, par Mouradja d'Hosson, comme un des ordres les plus considérés de l'Orient. Il a, en effet, nous a-t-on assuré, des
adhérents en Égypte, mais nous ne lui en connaissons pas en Algérie, et il ne semble pas faire partie des quarante ordres sur lesquels s'appuie le cheikh Snoussi. Cependant, Si Allouan mérite une mention spéciale, car il fut réellement le premier cheikh ou chef de congrégation religieuse, ( surtout au Maroc, on emploie aussi, abusivement, le pluriel en IN, qui ne doit
pas s'écrire. Nous n'avons adopté cette " incorrection " que pour quelques ordres marocains, dont les dénominations régulières auraient pu paraître prétentieuses : Taïbin, Zianin, etc.
et ce fut lui, qui, le premier, formula nettement les règles du noviciat, détermina les cérémonies de l'af. liation, et . xa les divers degrés d'initiation, ainsi que les devoirs respectifs des directeurs spirituels et des nouveaux adeptes.
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(An 161 de l'Hégire. - 777-778 de J: C.)
Ordre religieux des ADHEMYA, fondé par Abou-Isak-Ibrahim -ben-Adhem-ben-Mansour- el-Adjeli-el-Balekhi-e1-Khoraçani, né à Balkhe, en Khoraçan, et mort à Damas, ou plus exactement à Djebala, l'an 777 de J.-C. (160-61 de l'Hégire). - Cet ordre remonte, par les chefs spirituels de son fondateur, au 4° khalife, Si Ali-ben-Abou- Thaleb. Il est peu connu sous ce nom en Algérie, mais la plupart des chefs des grands ordres religieux, comme Si Snoussi, Si Abd-el-Qader-el-Djilani, etc., s'honorent d'avoir eu pour prédécesseur et pour inspirateur Ibrahimben- Adhem. Ce cheikh était, du reste, un très saint homme, qui ne mangeait que ce qu'il avait gagné de ses mains, et qui refusa de faire valoir ses droits au pouvoir, pour se consacrer à la vie religieuse. Ibn-Batouta donne, sur ce saint personnage et sur son père, des détails anecdotiques qui ne sont pas sans intérêt(1). D'Herbelot raconte de lui un pèlerinage fantastique de Damas à La Mecque, pèlerinage qui dura douze ans et pendant lequel, tous les mille pas, il faisait mille prosternations.
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(An 200 de l'Hégire. - 815-816 de J.-C.)
Ordre des SOUFI du KHORASAN ou de Abou-Saïd-Ibn-Abi-el- Khaïr, qui est donné, par beaucoup d'auteurs musulmans, comme fondateur du sou. sme dans l'islam. - En réalité, ce saint personnage ne fonda qu'un monastère, un khanakah, où il réunit des ascètes, auxquels
il imposa une règle sévère. Il fut le premier qui . t revêtir ses disciples de laine (souf), et c'est là l'étymologie donnée, du mot " sou. ", par quelques écrivains, qui le font dériver de " souf " (laine, vêtement de laine). C'est aussi de l'existence de cette congrégation qu'est sortie l'opinion erronée, encore soutenue de nos jours, qu'il y a une secte de sou. L'ordre fondé par Abou-Saïd-Ibn-et-Khaïr ne dura pas ; il disparut, divisé en deux, et absorbé par les ordres des Bostamia et des Djenidia. Il y a un autre Abou-Saïd qui fut chef d'un ordre souci et qui vécut de 892 à 901 (1) de J.-C. C'est Abou-Saïd-el-Khouas, contemporain lui-même du karmathe ouahbite Abou-Saïd-el-Djenobi, qui enleva la pierre noire de la Kaaba, vers 899 de J.-C. (283-286 de l'Hégire).
6
(An 253 de l'Hégire. - 867 de J.-C. ou  an 294-295 de l'Hégire. - 907 de J.-C.)
Ordre religieux des SEKATYA, fondé par Abou-el-Hocein-Mou- . les-Seri-Sakli (ou Sakati), mort à Bar'dad en 907 de J.-C. - 291-295 de l'Hégire (ou, selon une autre version, en 867 de J.-C. - 253 de l'Hégire). - Cet ordre, dont la . liation mystique remonte à Ali-ben-Abou- Thaleb, est inconnu en Algérie ; mais son fondateur est cité par tous les chefs des grands ordres cardinaux de l'Islam, comme un des pères du sou. sme musulman. Si Snoussi le compte parmi ses chefs spirituels. Il est à remarquer que, comme doctrine, les Sekatya reconnaissent en Dieu des attributs distincts de son essence, ce qui est contesté par la
plupart des docteurs.
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(An 261 de l'Hégire. - 874-875 de J.-C.)
Ordre religieux des BESTHAMYA, fondé par le Persan Abou- Azid-el-Besthami, mort en 874 de J.-C., au Djebel-Bestham, dans le Khoraçan. - Cet ordre qui, par ses attaches, remonte à Ali-ben-Abou- Thaleb, est inconnu en Algérie. Mais Abou-Azid-el-Besthami est un des Saints de l'Islam sur l'autorité desquels s'appuient les principaux chefs des grands ordres religieux: Si Snoussi, Si Abd-el-Qader-ben-Djilani et autres. Abou-Azid-el-Besthami était un sou. dont les doctrines, bien que réputées orthodoxes, étaient fortement empreintes du panthéisme mystique des Indiens; on cite de lui ces maximes :
" Quand les hommes s'imaginent adorer Dieu, c'est Dieu qui s'adore lui-même. "
" Je suis l'océan sans fond, sans commencement, sans . n. "
8
(An 296 de l'Hégire. - 908-909 de J.-C. ou  an 298 de l'Hégire. - 910-911 de J.-C.)
Ordre des DJENIDYA, fondé par Abou-el-Kacem-el-Djenidi-el- Bar'dadi-el-Zadjadji, mort à Bar'dad vers 910 de J.-C. - 297-98 de l'Hégire (ou 912 de J.-C. - 299-300 de l'Hégire). - El-Djenidi (Djonaid), est un des philosophes musulmans les plus remarquables et les
plus célèbres. C'est de sa doctrine que se sont inspirés presque tous les ordres religieux mystiques venus après le sien. Il n'y a pas, en Algérie, de khouan se disant Djenidi, mais, en réalité, tous sont de son école. Si Snoussi reconnaît El-Djenidi pour son chef spirituel et un de ses meilleurs appuis dans la voie du sou. sme.
9
(An 561 de l'Hégire. - 1165.1166 de J.-C.)
Ordre religieux des QADRYA, fondé par Abd-el-Qader-el-Djilani, né en 470 de l'Hégire (1077-1078 de J.-C.), dans le Djilan, au petit village de Nif, mort à Bar'dad en 561 de l'Hégire. - 1165-1166 de J.- C. - C'est un des plus grands ordres religieux, et l'un des plus vénérés dans tout le monde musulman. Il a beaucoup d'adhérents en Algérie et Si Snoussi est un de ses adeptes. Nous consacrons, plus loin, une notice particulière à cet ordre si important.
10
(An 578 de l'Hégire. - 1182-1183 de J; C.)
Ordre religieux des REFAYA, fondé par Abou-Abbas-Ahmed-ben- Ali-ben-Ahmed-er- Refaï, mort entre Bar'dad et Bassora, en 1182 de J.-C. (577-78 de l'hégire), et enterré dans la grande zaouia d'Oum-Obeidah, à une journée de marche d'Ouacith (Mésopotamie). - Er-Refaï est un des anciens docteurs musulmans dont l'autorité est encore invoquée par les chefs des ordres plus modernes. Il forma l'un des professeurs de Si Chadeli, Sid Abou-Djafar-ben-Abdallah-ben-Sid-Boussa. Les Refaya comptent parmi les grands ordres de l'Islam. Très répandus en Orient et en Égypte, ils sont peu connus en Algérie. Leurs pratiques se rapprochent de celles des Aïssaoua. Ainsi, ils allument de grands feux, dansent au milieu des . ammes qu'ils éteignent en se roulant sur les charbons ardents, et en mangent des braises en. ammées ; d'autres avalent des serpents, etc. Ils ont, à La Mecque, des agents très actifs, fort mal disposés pour les Européens. Si Snoussi cite cet ordre des Refaya parmi ceux dont il préconise l'autorité.
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(An 594 de l'Hégire. - 1197-1198 de J.-C.)
Ordre religieux des MADANYA (anciens) qui remonte, d'après Si Snoussi, à Choaïb-ben- Hocein-Abou-Median-el-Andalousi, né en 520 (1126-1127 de J.-C.), mort en 591 (1197-1198 de J.-C.), et enterré près de Tlemcen (à Si-Bou-Médine). Abou-Median avait été l'ami et le disciple de Si Abd-el-Qader-el-Djilani et il avait reçu les leçons d'un adepte des Djenidia. Ce fut plutôt un chef d'école que le fondateur d'un ordre religieux. (Voir chap. XVII)
12
(An 602 de l'Hégire. - 1205-1206 de J.-C.)
 Ordre des SEHEROURDYA, fondé par Chelab-ed-Din-Amarben-Mohammed-ben- Abdallah-es-Seherourd i, mort à Bar'dad en 602 de l'Hégire (1205-1206 de J.-C.). C'est surtout un ordre asiatique, ayant la majorité de ses adhérents en Perse et aussi aux Indes, mais ayant eu une in. uence très grande sur nos ordres algériens.
13
(An 618 de l'Hégire. - 1221-1222 de J.-C.)
Ordre des KEDRAYA, fondé par Abou-Djonnab-Ahmed-ben- Omar-el-Khiouaki-el- Kobra, qui étudia dans le pays de Kharezm, dans le Khouzistan, chez le cheikh Ismaïl-Kasry ; à Alexandrie, chez Abou- Tahar-Ahmed-Assilofy ; puis au Caire. Revenu dans son pays, il mourut en l'an 618 de l'Hégire (1221-1222 de J.-C.), martyr de l'Islam, en combattant les Mongols, lors de la prise de Kharezm. Son mausolée, situé près de cette ville, est l'objet de nombreux pèlerinages. Il a laissé un livre intitulé : " Oussoul-ech- Cheriat, " les cinq articles fondamentaux de la foi. Son surnom de El-Kebra était, en réalité, Thammchi-Kobra (le dernier jugement), parce que, en raison de son savoir, son avis prévalait toujours dans les discussions. Nous manquons de renseignements sur cet ordre des Kebraya, qui existait encore en 1327 de J.-C. (727-728 de l'hégire), à l'époque des voyages d'Ibn-Batouta.
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(An 623 de l'Hégire. - 1227-1228 de J.-C.)
Ordre des SELLEMYA ou MECHICHYA, fondé par Abd-es-Selem- ben-Mechich, sou. , décédé en 625 de l'Hégire (1227-1228 de J.-C.), et dont le tombeau se trouve dans la montagne dite " Djebel-el-Alem ", dans le voisinage de Tétouan, chez les Beni-Arouis. Il est souvent nommé Imam- ech-Chadeli, l'imam de Chadeli, car il fut le professeur de Si Chadeli, et l'élève de Si Abou-Median-et-Tlemçani. Les Sellemya (ou Mechichya) sont, en réalité, une branche tunisienne de Djenidya ou de Madinya, se confondant souvent avec les Chadelya ou les Derkaoua qui en dérivent. On ne connait pas les Sellemya ou Mechichya en Algérie. Si Snoussi cite Abd-es-Sellem-ben-Mechich parmi ses appuis, mais il le donne comme un cheikh des Djenidya et des Madinya, et non comme un chef d'ordre. Les Sellemya sont rattachés aux Qadrya par les Madinya .
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(An 636 de l'Hégire. - 1238-1239 de J.-C.)
Ordre des CHISCHTIYA, fondé par le chérif Khodja-Maouin- Ed-Din-Chischti-ben-Qaous-Ed-Din-el-Houcaïni, né dans le Séjestan en 537 de l'Hégire (1142-1143 de J.-C.), disciple d'Abd-el-Qader-el- Djilani et mort à Adjemir (Hindoustan), le samedi, 6 redjeb, 636 de l'Hégire (12 février 1239 de J.-C.). - Son tombeau, sur les bords du Jahlara, est l'objet de nombreux pèlerinages. Ordre indien cité par Garcin de Tassy.
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(An 656 le l'Hégire. - 1258 de J. C.)
Ordre des CHADELYA, fondé par cheikh Abou-el-Hessen- Ali-ben-Abdallah-el- Djebar- ech-Châdeli-ech-Cherif-el-Haçani, né à R'omara (Maroc), en 571 de l'Hégire (1175-1176 de J.-C.), mort en 656 de l'Hégire (1258 de J.-C.), à Homalthira (Haute-Égypte). Cet ordre est extrêmement répandu dans tous les pays musulmans ; il compte de nombreux adhérents en Orient, en Égypte et aussi en Algérie. Il a, de plus, donné naissance à une grande quantité de
branches qui forment de véritables ordres spéciaux ; ses doctrines sont invoquées par presque tous les ordres modernes, et sa notoriété est telle que, souvent, les Musulmans le désignent comme la souche d'ordres qui existaient avant Si Chadeli, mais n'ont été célèbres que postérieurement à 1258. Si Snoussi est af. lié à cet ordre dont il vante les nombreux mérites.
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(An 672 de l'Hégire. - 1273-1274 de J.-C.)
L'ordre des MOULANYA d'abord nommé ordre des Djelalya, fut fondé par Hazrath-Djelal-ed-Din-Maoulana (notre maure), surnommé Molla-Hunkear et aussi Er-Roumi, mort à Counya en 672 de l'Hégire (1273-1274 de J.-C.)(1). C'est un ordre oriental, inconnu en Algérie, mais très répandu en Turquie et surtout en Asie-Mineure, où il est très populaire et très considéré. On nous a af. rmé qu'il avait des adhérents au Maroc. Cet ordre est un des plus riches de tous : sa zaouïa de Counya a de grands revenus. Il y a, chez les Moulanya, un singulier mélange d'austérité, de politique obséquieuse vis-à-vis du sultan, et de pratiques frivoles, telles que danses et musique. Le général de l'ordre est toujours choisi dans la famille du fondateur. Si Snoussi cite souvent Djelal-ed-Din-er- Roumi et Mohammed- Beha-ed-Din parmi ses appuis.
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(An 675 de l'Hégire. - 1276-1277 de J.-C.)
Ordre des BADAOUYA ou HAMEDIA, fondé par Abou-el- Felan-Ahmed-Badaoui(2), mort à Tanta (Égypte), en 676 de l'Hégire. - 1276-1277 de J.-C. Ordre égyptien, qui ne parait pas avoir d'adeptes en Algérie, mais qui occupe, dans l'islam, une très grande place et a de nombreux adeptes. Le cheikh El-Badaoui était, en effet, un des Saints les plus vénérés
de l'Égypte, et, chaque année, il se fait à son tombeau, dans le Delta, deux grands pèlerinages où se rencontrent beaucoup de Musulmans. A La Mecque, l'ordre des Hamedia a, encore aujourd'hui, une très grande situation et il parait animé de sentiments tout à fait hostiles
contre les Chrétiens.
19
Vers 1300 de J.-C. (699-700 de l'Hégire ? )
L'ordre des HAÏDARYA est connu en Perse et aux Indes. Il a eu pour fondateur le cheikh Qotb-ed-Din-Haider, né à Zaouch, près Nicabour, dans le Khorassan, et enterré dans ce pays. Ce personnage passe pour avoir été le premier qui employa les semences du chanvre pour provoquer des extases à ses disciples. Les Haïdarya paraissent, d'ailleurs, avoir les mêmes pratiques que les Refaya. Ils ont, comme signe remarquable, l'habitude de porter des anneaux de fer aux mains, au cou, aux oreilles, et même aux parties génitales, car ils font vœu de chasteté. Ces Fakir-Haïdarya sont mentionnés par Ibn-Batouta, qui les a rencontrés au commencement du XIVe siècle de Jésus-Christ (vers 727 de l'Hégire. - 1326-1327 de J.-
C.), et a assisté, non loin de Dehli, à leurs exercices consistant à danser dans le feu et à se rouler sur les braises en. ammées. Il y a eu un sou. célèbre, nommé Cheikh-Haïdar-ben- Djoneidben- Sa.-ed-Din, et ancêtre du schah Ismaïl, fondateur de la dynastie persane des Sophi, mais il vivait au commencement du XVe siècle de Jésus-Christ, c'est-à-dire postérieurement à l'existence constatée des Haïdarya.
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(Vers 1310 de J.-C. - 709-710 de l'Hégire ou  vers 1315 de J.-C. - 714-715 de l'Hégire?)
L'ordre des OUFAYA est une branche des Chadélya fondée par 1'Imam El-Hak- Mohammed- Ouafa-ben-Ahmed-Ouafa. Cheikh Snoussi s'était fait affilier plusieurs fois à cet ordre.
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(An 719 de l'Hégire. - 1319-1320 de J.-C.)
L'ordre des NAKECHIBENDYA fut fondé par l'ouali (ou le Pir) Sid El-Khodja-Beha-ed- Din -Mohammed-ben-Mohammed-el-Doukhari- Nakechibendi, mort à Ksar-Arifann, en Perse, l'an 719 de l'Hégire (1319-1320 de J.-C.). C'était le contemporain de Otsman Ier, fondateur de la monarchie ottomane. Bien qu'à peu près inconnu en Algérie, cet ordre, qui a eu jadis des adeptes au Maroc, et qui a de nombreux adhérents en Asie et en Turquie, est considéré comme un des ordres cardinaux de l'Islam. La parfaite conformité de ses doctrines avec celles d'Abou-Beker, la grande dignité que conservent toujours ses pratiques extérieures, l'habitude qu'ont, en Orient, les personnages des classes élevées de la société musulmane de s'af. lier a cet ordre ; toutes ces causes ont, de tout temps, créé aux Nakechibendya, une situation spéciale parmi les autres khouan ou derwiches.
22
(An 724 de l'Hégire. - 1323-1324 de J.-C.)
Ordre des KALENDERYA ou des MELAMYA, fondé par le cheikh et cherif Bou-Ali-Youcef-el-Andalousi-el-Kalenderi, né à Panipat, non loin de Dehli (Hindoustan) selon les uns, originaire d'Espagne selon les autres, et mort vers 721 de l'Hégire (1323-1324 de J.-C.). Bou-Ali-Youcef-el-Andalousi-el-Kalenderi fut le disciple d'El- Hadj-Bektach (ou Bektach) de Djelal-ed-Din-Moulana, et aussi d'un cheikh des Chischia, nommé Qotb-ed-Din. Il se sépara violemment de cet ordre, voyagea beaucoup et acheva sa vie a Panipat, où son tombeau est l'objet de nombreux pèlerinages. Les statuts des Kalenderya ou Melamya, les obligent à ne vivre que d'aumônes, à voyager toujours, le plus souvent sans chaussures, à ne rien conserver pour eux ni pour les leurs, et, en. n, à observer les pratiques spiritualistes des Sou. . Quelques historiens ont distingué les Kalenderya des Melamya, en disant que les premiers ne devaient rien avoir, dans leur extérieur, qui mit en relief leurs occupations mystiques et leurs pratiques religieuses, tandis que les Melamya devaient laisser voir leur détachement des choses de ce monde(1). Cet ordre existe encore aux Indes, en Perse, en Turquie. Son dikr se compose d'une invocation aux mérites de Abou-Ali-Youcef-Kalenderi, - de la fetcha, - de : trois fois le verset du trône, - trois fois le chap. LXXXIII du Coran (les fraudeurs), - dix fois le chap. XII (Joseph), - deux fois la prière Douroud(2). [(l) Ces deux termes Kalenderi et Melami sont aussi employés comme noms communs, sans impliquer l'idée d'une af. liation à un ordre religieux spécial. Seherourdi dé. nit les Kalenderya " des gens possédés de l'ivresse de ce qu'ils appellent la paix du cœur, en sorte qu'ils ont anéanti les coutumes et ont secoué le joug des règles de convenance observées dans la société et dans les rapports mutuels. " Voir Sylvestre de Sacy, Notice et Extraits des Manuscrits, tome XII, pages 340 et 341.
 (2) Voici cette prière, en usage chez tous les Hane. tes : " O mon Dieu, sois propice à Mohammed et à sa famille, accorde ta bénédiction, ta paix et ton salut à tous les prophètes et envoyés ; à tes saints anges et à tous tes bons serviteurs. Exauce-nous dans la miséricorde, ô le plus miséricordieux des êtres ! " ]
23
(An 736 de l'Hégire. - 1335-1336 de J.-C.)
L'ordre des SAADYA a été fondé en Syrie, en 736 de l'Hégire (1335-1336 de J.-C.), par Sâad-ed-Din-Djebaoui, mort à Djeba, aux environs de Damas ; il jouit d'un grand crédit en Égypte, où il passe pour une branche des Relaya, mais il n'est pas connu sous ce nom en Algérie. Les Sâadya, comme les Refaya, offrent, dans leurs pratiques extérieures, des usages qui ont été plus ou moins imités par les Aïssaoua algériens et les Hamdouchya marocains. Saad-ed-Din-Djebaoui nous a été donné comme l'auteur d'un livre intitulé : " Ech-Charat-. -Testaout, " instruction et introduction à la vie spirituelle. - Son vrai nom serait : Sâad-ed-Din-Mahfoud-ben- Amed-Djebaoui. En Égypte, le cheikh de cet ordre a, le plus ordinairement, le privilège d'être le héros de la cérémonie du " doleh, " cérémonie dans laquelle il passe, à cheval, sur le corps des khouan et des autres . dèles étendus sur le sol devant lui, comme un tapis, et ne recevant, d'ailleurs, aucun dommage sérieux de cette singulière manifestation religieuse. A La Mecque, cet ordre est toujours plein de vitalité et occupe une grande situation. Ses chefs sont animés d'un très mauvais esprit contre les Chrétiens. Le centre de direction des Sâadya, et le plus grand nombre de leurs adhérents semblent être aujourd'hui dans le Yemen et,
surtout, dans le pays d'Assyr.
24
(An 759 de l'Hégire. - 1357-1358 de J.-C.)
L'ordre des BEKTACHYA fut fondé par l'ouali El-Hadj-Bekiach- Khorassani, mort à Bir-Schehher, en 759 de l'Hégire (1357-1358 de J.-C.), et célèbre, en Turquie, par la bénédiction qu'il donna aux Janissaires, lors de leur création. Extérieurement, c'est essentiellement un ordre mendiant, très répandu dans l'Asie-Mineure et dans la Turquie d'Europe. Il jouit d'une immense popularité dans l'armée ottomane, qui a conservé, pour les religieux de cet ordre, des traditions de respect et de confraternité. Mais il paraîtrait que, dans l'intérieur de leurs monastères, les dignitaires et chefs de l'ordre des Bektachya professent des doctrines offrant un singulier mélange de panthéisme et de matérialisme. " Chaque âme humaine est une portion de la divinité, et la divinité ne réside que dans l'homme. L'âme éternelle, servie par des organes périssables, change constamment de demeure, mais sans quitter la terre… Toute la morale consiste à jouir des biens du monde sans nuire à autrui, et tout ce qui ne fait de mal à personne est licite et indifférent… Le sage est celui qui règle ses jouissances, car le plaisir est une science qui a ses degrés, un mystère qui, peu à peu, se découvre à l'exil des initiés. De toutes ces jouissances, la plus vive est la contemplation, qui devient la rêverie et la vision céleste. "
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(An 750 de l'Hégire. - 1349-1350 de J.-C. ou  an 800 de l'Hégire. - 1397-1398 de J.-C.)
L'ordre des KHELOUATYA fut fondé par cheikh Brahim-ez-Zehad, vers le milieu du XIVe siècle, puis continué par Si Mahmed-el- Khelouati, et, surtout, par Omar-Khelouati, mort à Kaissaria (Césarée de Syrie), en 800 (1397-1398 de J.-C.). C'est un des ordres cardinaux
de l'Islam, très répandu et très considéré dans l'Orient. Il est peu connu sous ce nom en Algérie, bien que ce soit le tronc d'où s'est détaché l'ordre si répandu des Rahmanya.
SI Snoussi est af. lié à cet ordre qu'il cite parmi ses appuis.
26
(Date inconnue)
L'ordre des FEKEROUYA est une branche des Khelouatya, nommée par Si Snoussi, et sur laquelle nous n'avons pu recueillir aucun renseignement.
27
(An 775 de l'Hégire. - 1373-1374 de J.-C.)
Ordre des DJELALYA (ou des Malanya), fondé par le chérif Djelil- ed-Dine-el-Bokhari, enterré à Utchou, ville du Multan (Indes), où il mourut le 11 dhou-el-hadja 775 de l'Hégire (24 mai 1374 de J.-C.). C'est un ordre indien. Son fondateur avait été le disciple d'un cheikh
des Seherourdya.
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(An 837 de l'Hégire. - 1433-1434 de J.-C.)
Ordre des MADARYA (ou des Dâfalya, Tambourineurs), fondé par le salyed (le chérif) El-Qoth--Badi-ed-Din-Zindah-Schah-Madar-ben-Sid- Ali-Halabi, né à Alep et mort le 7 djoumad-el-ouel 837 (20 décembre 1433 de J.-C.), à Makan-Pur, village près de Firouzabab, province d'Agra (Hindoustan). C'est, dans les Indes, le plus célèbre des Saints musulmans; les hindous se joignent aux disciples de Mohammed pour célébrer, par de grandes fêtes, l'anniversaire de sa mort. Dans ces fêtes, on traverse des brasiers allumés en chantant les louanges du Saint. Cet ordre n'existe qu'aux Indes; les fakirs qui le composent se nomment Azad (indépendants). (V. Garcin de Tassy, loco citato. p. 345.)
29
(An 838 de l'hégire. - 1434-1435 de J.-C.)
Ordre des ZAINYA, fondé par Zaïn-ed-Din-Abou-Beker-Kha. , mort à Koufa (Irak- Arabie), en 838 de l'hégire (1434-1435 de J.-C.). (Cité par d'Hosson.)
30
(Vers 1460 de J.-C. - 804-865 de l'hégire.)
L'ordre des AROUSSYA est une des branches importantes de celui des Chadelya. Il a été fondé par Si Aboul-Abbas-Ahmed-el-Arous, qui fut l'un des professeurs de Si Aboul-Abbas- Ahmed-Zerrouk. Cité par Si Snoussi parmi ses appuis.
34
(An 869 de l'hégire. - 1464-1465 de J.-C.)
L'ordre des DJAZOULYA est une branche spéciale de celui des Chadelya, placée sous le patronage de Abou-Abdallah-el-Djazouli-Ech- Cherif-El-Hesseni, auteur d'un ouvrage intitulé : Delaïl-el-Kheirat, et personnage d'une certaine notoriété parmi les Musulmans.
32
(An 869-870 de l'hégire. - 1465 de J.-C.)
Ordre des BABAYA, qui fut créé par Abd-el-R'ani-Pir-Babayi, mort à Andrinople en 870 de l'hégire (1465-l466 de J.-C.). (Cité par d'Hosson.)
33
(An 875-876 de l'Hégire. - 1471 de J.-C.)
Ordre des BAYARMYA qui fut fondé par El-Hadj-Bayram-Ankaroui, mort à Angora en 876 de l'hégire (1471-1472 de J.-C.). (Cite par d'Hosson.)
34
(An 898-899 de l'Hégire. - 1493 de J.-C.)
Ordre des ESCHERAFYA, qui fut fondé par Sid Abdallah-ech- Cherif-Roumi, mort à Tchinn-Iznek en 899 de l'Hégire (1493-1494 de J.-C.). Cité par d'Hosson.)
35
(An 899 de l'Hégire. - 1493-1494 de J.-C.)
Ordre des ZEROUKYA, branche secondaire des Chadelya, ayant pour fondateur et patron l'imam Aboul-Abbas-Ahmed-Zerrouk-el-Bernoussi, né entre Fez et Taza, au Maroc, en 845 de l'hégire (1441-1442 de J.-C.). Est cité parmi les appuis de cheikh Snoussi.
36
(An 909 de l'Hégire. - 1503-1504 de J.-C.)
Ordre des BEKERYA, BEKRYA ou BEKERYA-ZERROUKYA, branche spéciale des Chadelya, ayant pour patron Si Mohammed-ben- Abou-Bekra-Mohammed-el-Bekeri, connu, en Orient, sous le nom de Pir-Abou-Beker-Ouafay, et enterré à Alep, où il est décédé en 909 de l'Hégire (1503-1504 de J.-C.). Le cheikh Snoussi était af. lié à cette branche qu'il cite parmi ses appuis.
37
(Vers 1500 de J.-C. - 905-906 de l'Hégire
Ordre des KODIRYA ou KOBIR-PANTHI, fondé aux Indes par un tisserand hindou nommé Kobir, qui vivait à la . n du XVe siècle de J.-C., sous le Sultan de Dehli, Si Kauder Lodi, qui régna de 1488 de J.- C. (893-894 de l'Hégire) à 1516 de J -C. (921-922 (le l'Hégire). - Son tombeau, situé à Ratempour, dans le royaume d'Aoude, est l'objet de nombreux pèlerinages. - Ses disciples, réputés orthodoxes parmi les Musulmans, récitent sans cesse des distiques religieux et mystiques de sa composition. - A sa mort, les Brahmanes voulurent briller son corps, le considérant comme un des leurs, les Musulmans voulurent l'enterrer, mais, dit la légende, le cadavre disparut.
38
(Vers 1500 de J.-C. - 905-906 de l'Hégire)
(XVIe siècle) Ordre des HAMDOUCHYA, fondé au Maroc, dans le cours du XVIe siècle, par Mouley-Hamdouch, l'un des héritiers spirituels de la doctrine des Djelaba d'Idris, et élève du dar El-Eulm fondé à Fez par ce souverain. Cet ordre qui, à ses débuts, avait un caractère national, et dont les doctrines étaient très pures au point de vue musulman, est aujourd'hui
adonné extérieurement aux pratiques de jonglerie et à l'élève des serpents.
39
(An 930 de l'Hégire. - 1524 de J.-C.)
Ordre des AÏSSAOUA, fondé vers 1525 de J.-C., à Méquinez (Maroc), par le chérif Si Mahmed-ben-Aïssa. Très répandu au Maroc, cet ordre dérive des Djazoulya qui, euxmêmes
se rattachent aux Chadelya. Par leurs pratiques extérieures, les Aïssaoua se rapprochent beaucoup des Refaya et des Sadya. Ils comptent en Algérie un assez grand nombre d'adhérents. Nous n'avons pas vu que Si Snoussi citât l'ordre des Aïssaoua parmi ses appuis. Mais il cite, parmi ses maîtres, El-Djazouli, qui est l'un des chefs spirituels de Si Mahmed-ben-Aïssa.
40
(An 931 de l'Hégire. - 1524-1525 de J.-C.)
Ordre des RACHIDYA, branche secondaire des Chadelya du Maroc ayant pour patron Si Ahmed-ben-Youcef-el-Miliani-er-Rachedi, décédé l'an 931 de l'Hégire, 1524-1525 de J.-C. Le cheikh Snoussi est af. lié à cette branche qu'il cite parmi ses appuis.
41
(An 931 de l'Hégire. - 1524-1525 de J.-C.)
L'ordre des RACHIDYA-ZEROUKYA est une branche distincte de l'ordre précédent, qui est aussi citée parmi les appuis de cheikh Snoussi.
42
(Vers 932-933 de l'Hégire. - 1526 de J.-C.)
Ordre des RAZYA, branche marocaine de celui des Chadelya. Il est cantonné dans l'Oued-Drâa, où il fut importé par un nommé Sid Abou-el-Hessen-el-Kacem-el-Razi, qui avait reçu l'af. liation de Si Aliben- Abdallah-el-Filali, disciple de Si Ahmed-ben-Youcef.
43
(An 936 de l'Hégire. - 1529-1530 de J.-C.)
Ordre des SONBOULYA, qui fut fondé par Sid Sonboul-Youcefben- Laoui, mort à Constantinople en 936 de l'Hégire (1529-1530 de J.-C.). (Cité par d'Hosson.)
44
(An 936-937 de l'Hégire. - 1530 de J.-C.)
Le groupe maraboutique des SAHELYA, famille de Cheurfa marocains, constitue une branche secondaire des Chadelya, sous le patronage de Sid Mahmed-ben-Abd- er-Rahman-Es-Saheli, mort en 1530 de J: C. (936-937 de l'Hégire), et connu aussi sous le nom de Mouley- Sehoul.
45
(An 939-940 de l'Hégire. - 1533 de J.-C.)
Ordre des GOULCHENYA ou des ROUSCHENYA, fondé par Ibrahim-Goulcheny, mort au Caire en 940 de l'Hégire (1534-1535 de J.-C.). - Le nom de Rouschenya vient de Dédé-Omer-Rouscheni, précepteur et consécrateur d'Ibrahim. (Cité par d'Hosson.)
46
(An 950-951 de l'Hégire. - 1544 de J.-C.)
Ordre des IGHITH-BASCHYA, fondé par Chems-ed-Din-Ighith- Baschi, mort à Magnésie en 951 de l'Hégire (1544-1545 de J.-C.).
47
(An 959 de l'Hégire. - 1551-1552 de J.-C.)
Ordre des OUM-SINNANYA, fondé par le cheikh Oum Sinnan, mort à Constantinople en 959 de l'Hégire (1551-1552 de J.-C.). (Cité par d'Hosson. )
48
(An 960 de l'Hégire. - 1553 de J.-C.)
Ordre des BEKKAYA, branche chadelienne qui parait avoir été implantée ou organisée à Tombouktou par le cheikh Omar-ben-Ahmedel- Bekkay, mort en 960 de l'Hégire (1553 de J.-C.).
49
(An 987-988 de l'Hégire. - 1580 de J. -C.)
Ordre des DJELOUATYA, fondé par le pir ou ouali Sid Ou. ada- Mohammed-Djelouali, mort à Brousse en 988 de l'Hégire (1580-1581 de J.-C.). (Cité par d'Hosson.)
50
(An 1000-1001 de l'Hégire. - 1592 de J.-C.)
Ordre des AACHAKYA, fondé par Hassein-ed-Din-Aachaki, mort Constantinople en 1001 de l'hégire (1592-1593 de J.-C.) (Cité par d'Hosson.)
51
(An 1009-1010 de l'Hégire. - 1601 de J.-C.)
Ordre des CHEMSYA, fondé par Chems-ed-Din-Siouasi, mort aux environs de Médine en 1010 de l'Hégire (1601-1602 de J.-C.). (Cité par d'Hosson.)
52
(Vers 1610 de J.-C. - 1018-1019 de l'Hégire.)
Ordre des KERZAZYA ou de MOULEY-KERZAZ, fondé vers 1610 de J.-C. (1018-1019 de l'Hégire), à Kerzaz (oued Guir), sud-ouest de Figuig, par Sid Ahmed-ben-Moussa, chérif de la famille des Edrissites (et plus particulièrement de la branche des Cheurfa d'Ouazzan). Sid Ahmed- ben-Moussa était alors grand moqqadem de l'ordre des Chadelya. Si Snoussi cite, parmi ses appuis, Sid Ahmed-ben-Moussa.
53
(Vers 1022.-1023 de l'Hégire. - 1615 de J.-C.)
Ordre des CHEIKHYA, groupe des Chadelya, ayant pour patron Sidi Cheikh-Abd-el-Qader -ben-Mohammed, chef de la grande famille maraboutique et guerrière des Ouled-Sidi-Cheikh, et mort vers 1022- 1023 de l'Hégire (1615 de J.-C.).
54
(An 1078-1079 de l'Hégire. - 1668 de J.-C.)
Ordre des SINASN-OUMMYA, fondé par Alim-Sinann-Oumi, mort à ElMali en 1079 de l'Hégire (1668-1669 de J.-C.). (Cité par d'Hosson.)
55
(Vers 1669 de J.-C. - 1079-1080 de l'Hégire)
L'ordre des NACERYA est une des branches des Chadelya, importée par Mohammed- ben-Nacer-El-Derai, dans l'oued Drâa, et ayant sa maison mère à Tamegrout. Le cheikh Snoussi était af. lié à cet ordre, qu'il cite parmi ses appuis.
56
(An 1089 de l'Hégire. - 1678-1679 de J.-C.)
Les Musulmans, et surtout les Marocains, font remonter la fondation de l'ordre des TAÏBIN (et mieux TAÏBYA) à Mouley-Idris (Idris Ier) arrière-petit-. ls d'Ali-ben-Abou-Thaleb, et chef de la dynastie marocaine des Idricites (en 173 de l'Hégire, soit 789-790 de J.-C.). En réalité, le véritable fondateur de l'ordre est Mouley-Taiebben- Mohammed-ben-Mouley- Abdallah, petit-. ls et héritier spirituel du fondateur de la zaouïa de Ouazzan, Mouley Abdallah, qui mourut en 1089 de l'Hégire (soit 1678-1679 de J.-C.). C'est cette date qui doit être donnée comme celle de la fondation de l'ordre.
57
(An 1105-1106 de l'Hégire. - 1694 de J.-C.)
Ordre des NIYAZYA fondé par Mohammed-Niyazi-Masri (l'Égyptien), mort à Lemnos en 1106 de l'Hégire (1694-1695 de J.-C.). (Cité par d'Hosson.)
58
(An 1114 de l'Hégire. - 1703 de J.-C.)
Ordre des HANSALYA, fondé par Abou-Aiman-Saïd-ben-Youcefel- Hansali, mort au Maroc le 1er redjeb 1114 (1703 de J.-C.).
59
(An 1125 de l'Hégire. - 1713 de J.-C.)
Ordre des KHADIRYA, fondé le 8 redjeb 1125 de l'hégire ; 31 juillet 1713 de J.-C.), par Sid Abd-el-Aziz-Ed-Debagh, né en 1683, à Fez. Cet ordre passe pour avoir été directement révélé par le mystérieux El-Khadir. Il a des adeptes au Maroc, et Si Snoussi se fait gloire d'appartenir
à cet ordre.
60
(An 1120-1121 de l'Hégire. - 1709 de J.-C.)
L'ordre de MOHAMMED (Mahomet) n'est, en réalité, qu'une branche de l'ordre des Khadirya: il a été fondé, comme ce dernier, par Si Abd-el-Aziz-Ed-Debar, en 1713 de J.-C. (1124-1123 de l'Hégire). Il a de nombreux af. liés au Maroc et en Tripolitaine, où le cheikh Snoussi l'a propagé. Il en a aussi en Algérie et en Tunisie. C'est l'ordre dont cheikh Snoussi affecte d'observer le plus particulièrement les pratiques et la règle.
61
(An 1131-1132 de l'Hégire. - 1719 de J.-C.)
Ordre des MOURADYA, fondé par Mourad-Schamy, mort à Constantinople en 1132 de l'Hégire (1719-1720 de J.-C.). (Cité par d'Hosson.)
62
(10 ramdan, 1145 de l'Hégire. - 1732 de J.-C.)
L'ordre des ZIANIN (et mieux des ZIANYA) est une branche tout à fait distincte des Chadelya, formée par des religieux de l'Oued-Drâa venus à Kenadsa, avec le cheikh Si Mohammed-Abou-Zian-Kandouzi. C'est un ordre très connu sur notre frontière marocaine, et ayant un grand nombre d'adhérents en Algérie. Cheikh Snoussi y est allié.
63
(An 1145-1146 de l'Hégire. - 1733 de J.-C.)
Ordre des NOUR-ED-DINYA, fondé par Nour-ed-Din-Djerrahi, mort à Constantinople en 1146 de l'Hégire (1733-1734 de J.-C.). (Cité par d'Hosson.)
64
(An 1163-1164 de l'Hégire. - 1759 de J.-C.)
L'ordre des HAFNYA ou HAFNAOUYA, est une branche importante de l'ordre des Khelouatya. Il fut fondé par Abou-Abdallah- Mohammed-ben-Salem-El-Hafnaoui, qui avait aussi des attaches avec l'ordre des Chadelya. Si Snoussi cite cet ordre des Hafnaouya dans le livre exposant ses appuis religieux.
65
(An 1163-1164 de l'Hégire. - 1750 de J.-C.)
Ordre des DJEMALYA, fondé par Mohammed-Djemal-ed-Din- Dirnaoui, mort à Constantinople en 1164 de l'Hégire (1750-1751 de J.-C.). Cet ordre, du moins dans ses pratiques extérieures, n'est pas sans analogie avec celui des Seherourdya. Nous ne lui connaissons pas d'adeptes en Algérie.
66
(An 1165-1166 de l'Hégire. - 1752 de J.-C.)
L'ordre des HABIBIIN (et mieux HAHIBYA) a été fondé, au Ta. lalet, par Si Ahmed-el- Habib-El-Lemti, mort en 1752 de J.-C (1165- 1166 de l'Hégire). - La maison- mère et le supérieur général sont au Ta. lalet, à Zaouat-el-Mati, au sud-est de Er-Rissani. Cet ordre est cité par Si Snoussi parmi ses appuis.
67
(An 1196 de l'Hégire. - 1781-1782 de J.-C.)
Ordre des TIDJANYA, fondé en 1496 de l'Hégire 11781-1782 de J.-C.), par Si Ahmed- ben- Mokhlar-et-Tfdjini, né en 1373 de J.-C. (1149- 1150 de l'Hégire), à Aïn-Madhi (près Laghouat) et mort à Fez (Maroc), le 20 octobre 1814 (17 choual 1229). C'est là qu'est son tombeau, mais la maison-mère est tantôt à Aïn-Madhi, tantôt à Temacin, car, jusqu'en 1815, la succession spirituelle a été dévolue alternativement à un membre de sa famille et à un membre de la famille de Si El-Hadj-Ali, originaire de Yambo.
68
(An 1208 de l'Hégire. - 1793-1794 de J.-C.)
Ordre des RAMYANYA, fondé à la . n du XVIIIe siècle, par Si  M'ahmed-ben- Abd-er- Rahman- bou-Qobrin-el-Djerdjeri-El-Guechtouli- Ez-Zouaoui-El- Ahzari. C'est la branche des Khelouatya, importée en Algérie vers l'an 1177 de l'Hégire, soit 1763-1764 de J.-C. Si Snoussi cite le fondateur de l'ordre des Rahmanya parmi ses maîtres et ses appuis.
69
(Vers 1799 de J.-C. - 1213-1214 de l'Hégire ou  1800 de J.-C. - 1214-1215 de l'Hégire)
Ordre de HAFID, cité par Si Snoussi comme un de ceux sur lesquels il appuie sa doctrine, et qui a eu pour chef, sinon pour fondateur, un nommé Hassan-ben-Ali-El-Adjimi-El-Mekki, sur lequel nous n'avons pu nous procurer aucun détail. Le cheikh Abou-Abdallah-Mohammed- ben-Ali-ben-Ech-Charef- El-Mazouni (de Mazouna), qui vivait vers 1830 de J.-C. (1245-1246 de l'Hégire), appartenait à cet ordre, auquel il avait été initié par son père, disciple du cheikh Hassen. Ce qui semble reporter la fondation de cet ordre vers la . n du XVIIIe siècle ou le commencement du XIXe.
70
(Vers 1800 de J.-C. - 1214-1215 de l'Hégire)
L'ordre des DERKAOUA, qui tire son nom de Mouley-El-Arbi- Ahmed-El-Derkaoui, n'est, à proprement parler, qu'une dénomination différente de l'ordre des Chadelya. Cette dénomination, usitée surtout au Maroc et dans l'ouest de l'Algérie, fut employée, du vivant même de Mouley-El-Arbi et bien avant la mort de ce cheikh, dont le décès n'eut lieu que vers 1823 de J.- C. (1238-1239 de l'Hégire).
71
(An 1217-1218 de l'Hégire. - 1803 de J.-C.)
Ordre des PADRIS, fondé en 1803 de J.-C. (1217-1218 de l'Hégire), à Sumatra, par trois pèlerins qui étaient allés à La Mecque, au moment où l'enseignement de Si Ahmed-ben-I dris-El-Khadiri attirait, dans cette ville, les Musulmans de tout l'Extrême-Orient. Le rigorisme des Padris les a fait quelquefois classer comme Ouahbites ; en réalité ce sont des Khadirya. Ils se lient donc étroitement avec les ordres des Soualya et des Snoussya, puisque l'indien El-Mogherani et Si Snoussi sont les deux continuateurs de Si Ahmed-ben-Idris. Cet ordre fomenta à Sumatra des troubles graves et une insurrection qui dura de 1821 de J.-C. (1236-1237 de l'hégire) à 1837 de J.-C. (1252-1253 de l'Hégire), et ne se termina que lorsque les Hollandais eurent repris Bondjol, centre du mouvement politique des Padris. Aujourd'hui, cet ordre a encore de nombreux partisans à Sumatra, mais il se cache : (Bien que Dozy donne à cette congrégation le nom do Padris, qu'il explique d'ailleurs pertinemment, on remarquera la coïncidence de ce nom Padris avec Adris ou Idris, et surtout, avec Bou-Idris qui pourrait bien être le nom véritable.)
72
(Vers 1825 de J.-C. - 1240-1241 de l'Hégire)
Ordre des MADINYA modernes, fondé à Mezrata de Tripoli, par Mohammed-Zaffar- ben- Hamsa-El-Madani, moqqadem des Derkaoua- Chadelya.
73
(An 1250-1251 de l'Hégire. - 1835 de J.-C.)
Ordre des SNOUSSYA, fondé en 1250-1251 de l'Hégire (1835 de J.-C.), en Tripolitaine, par le chérif algérien Si Mohammed-ben-Aliben- es-Snoussi-El-Khottabi-el-Hassani-el-Idrissi, né en 1206 de l'Hégire (1791-1792 de J.-C.), au douar Thorch, de la fraction des Ouled- Sidi-Youcef (tribu des Ouled-Sidi-Abdallah, du Medjoher, environs de Mostar'anem), mort en 1859.
74
(An 1250-1251 de l'Hégire. - 1835 de J.-C.)
Ordre des IDRICIN, ou IDRICYA, ou SOUALYA, ou mieux encore MEGHERANYA, fondé en 1835 de J.-C. (1250-1251 de l'Hégire), à La Mecque, par Si Mohammed-Salah-el-Megherani, indien musulman, élève de Si Ahmed-ben-Idris-el-Fassy, qui était chef de l'ordre
des Khadirya à La Mecque. Sid Mohammed-Salah était le condisciple et le rival de Si Snoussi, à qui il disputa la succession spirituelle de Si Ahmed-ben-Idris. La zaouia-mère et le grand-maître de l'ordre des Megherania sont à La Mecque, à Dar-El-Khaizan. C'est donc un ordre rival et ennemi de celui de Si Snoussi : à ce titre il nous intéresse.
75
(Sans indication de date)
Ordre des SAROUARYA dits aussi DJALALA, fondé par Sultani- Sarouar-ben-Sid- Zin-El-Abdin, enterré près de Moultan, à Donakhal, dans la province de Lahore, où son tombeau est l'objet d'un pèlerinage annuel. (Pas de date). - Ordre indien cité par Garcin de Tassy.
76
(An 1292-1293 de l'Hégire. - 1876 de J.-C.)
Ordre des HABBAB ou DERDOURYA, qui fut fondé en 1876 dans l'Aurés par Si El-Hachemi-ben-Si-Ali-Derdour, né à Medrouna, village de l'Oued-Abdi. Ce personnage était le . ls d'un moqqadem des Rahmanya, relevant de la branche tunisienne, et il avait d'abord suivi les pratiques de cet ordre, sous la direction de son père, avec qui il avait longtemps habité Tunis et La Mecque. N'ayant pas été élu moqqadem à la mort de ce dernier, en 1871, il s'isola des autres Rahmanya et se mit à vivre en ascète. Autour de lui, se groupèrent bientôt de nombreux disciples, qu'il organisa en une société religieuse, où les biens étaient en commun, et où l'on s'efforçait d'observer la loi islamique dans toute sa pureté. Cette association se sépara presque complètement des autres Musulmans du pays, évitant d'aller devant le cadhi, et se bornant à payer régulièrement l'impôt et à fournir les prestations ordonnées. En 1879 (1296-1297 de l'Hégire), ils furent un peu compromis dans les troubles de l'Aurès, non pas tant par leurs actes, que par des correspondances avec le prétendu chérif, chef des rebelles.
L'insurrection réprimée, les Habbab, qui étaient au nombre de 500, répartis dans les villages de Medrouna, Hallaoua, Haidouss, Nerdi, etc., refusèrent de s'acquitter des prestations sur les chemins vicinaux et d'obtempérer aux réquisitions et ordres des chefs investis. Si El-Hachemi- ben- Si-Ali-Derdour fut alors arrêté avec six de ses principaux moqqadem ; plusieurs enquêtes administratives furent faites, qui, en 1880, aboutirent à l'internement en Corse des chefs des Habbab et de plusieurs moqqadem. Depuis lors, tout est rentré dans le calme ; la société religieuse existe bien encore, des réunions ont toujours lieu dans des maisons notables ;
mais les Habbab sont absolument dociles aux ordres de L'autorité. Ils sont, du reste, surveillés avec jalousie par les vrais Ra'amanya restés dans le pays, et, surtout par le caïd de la tribu, Si Mahmed-bel-Abbès, chérif descendant d'Abd-el-Qader-El-Djilali. grand moqqadem des Qadrya, et notre . dèle serviteur depuis 1847 (1).
L'ordre des Habbab Aurasiens parait être une branche des Kholouatya, ou, peut-être, des Chadelya. Il n'a rien de commun avec les Habibiin du Maroc. Cette tentative d'organisation théocratique a fait croire, un instant, qu'on avait affaire à des Snoussya, mais cela est peu probable ; l'imprudence et la légèreté, qui ont présidé à cette constitution de société, ne permettent pas d'admettre l'action d'une direction aussi intelligente et aussi habile que celle des Snoussya. S'il y a réellement eu des relations avec la Tripolitaine, elles ont dû avoir lieu plutôt avec les Madanya qui étaient alors, et sont toujours, au service d'in. uences politiques musulmanes hostiles à la France.[ (1) Le . ls aîné du caïd SI Mahmed-bel-AQbbès, Si Lahsen, a été tué dans nos rangs, lors de l'insurrection de l'Aurès, en 1879.]
77
(Date inconnue)
L'ordre des FADELYA, fondé par l'ouali Sid Mohamed-Fadel, à Chinguetti, dans l'Adrar. C'est une branche dérivée des Qadrya. Il a conservé en partie le rituel de l'ordre primitif et a les mêmes doctrines de tolérance et de charité. Son in. uence est grande dans tout le pays
compris entre l'Atlantique, le Sénégal, Timbouktou, les parcours nord ouest des Touareg et l'oued Drâa. Il était jadis très . orissant, mais ses zaouïas de Chinguetti, Ouadan. Ouldjet et Attar sont aujourd'hui moins prospères par suite de l'in. uence rivale d'une autre branche des Qadrya (les Lessidya), et par suite aussi des progrès faits dans l'Adrar par les Tidjanya et les Taibya. En 1819, le grand maître de l'ordre était le chikh Mel-Aïni, descendant direct de Sid Mohamed-el-Fadel.
78
(Date inconnue)
L'ordre des LESSIDYA, ordre chéri. en dérivé des Qadrya, ayant sa maison mère à Ouadan, dans l'Adrar, et ses succursales à Chinguetti. Attar et Ouldjet. La direction en est aujourd'hui héréditaire dans la famille des Ouled-Lessidi, qui est celle du fondateur. Cet ordre parait
animé du même esprit que celui des Qadrya ; il jouit d'une très grande in. uence dans tout le pays compris entre l'Atlantique, le Sénégal, Timbouktou, les parcours nord-ouest des Touareg, et l'oued Drâa. Il est bien rare que les Nomades pillards osent toucher aux caravanes ayant
un sauf-conduit d'un moqaddem de cet ordre. Nous ignorons l'époque de la fondation des Lessidya, nous savons seulement qu'ils sont postérieurs aux Fadelya, qu'aujourd'hui ils ont dépassé en importance. Nous avons encore troué, mentionnés dans des documents dignes de foi, mais malheureusement peu explicites et sans aucun renseignement de nature à aider les recherches, les ordres ci-après:
79
(Date inconnue)
ordre des DAMIATYA ou de SID AHMED-EL-DAMIATI " qui aurait quelques khouan à Alger, Constantine et au Maroc. " (Il est probable que c'est là une dénomination locale des Hansalia.)
80
(Date inconnue)
" Ordre de SIDI-ABDEL-REZAK, des Djebailya, du Maroc, entre Tétouan et Rebat. "
81
(Date inconnue)
Ordre des SEKELLYA ou de MOULEY-AHMED-EL-SEKELLI (le Sicilien). " Ayant surtout ses khouans à Fez, où se trouve le tombeau du fondateur et une grande zaouïa. "
82
(Date inconnue)
Ordre des KOURDASSYA. - En 1856, sept familles du ksar Tadjerouna (entre Laghouat et Berezina) étaient signalées comme " ayant le dikr de Sidi Mloussa-es-Sahi-el-Khourdassi, dont la qobba est à Kourdassa, près le Caire, en Égypte. "
83
(Date inconnue)
Les DOUSSAKYA, ordre particulier à, l'Égypte et au Yémen, fondé par Ibrahim-Doussouki ; il a son centre entre Roselle et Dossouq, sur le Nil, au tombeau du fondateur, et des représentants assez nombreux à Sana et à La Mecque. Il est très hostile aux Européens.
84
(Date inconnue)
Les SEMAAN, ordre particulier au Yémen, a des adeptes nombreux dans le Soudan, en Égypte et à La Mecque où, en 1882, il est représenté par le moqaddem Ahmed-Semaan. Nous est très hostile.
85
(Date inconnue)
Les SAOUYA, ordre particulier au Yémen, a des adeptes dans le pays d'Assyr et à la Mecque, et nous est très hostile.
86
(Date inconnue)
Les BAOUMYA, ordre particulier au Yémen, a des adeptes dans le pays d'Assyr, en Égypte et à La Mecque. Est très hostile aux Européens.
87
(Sans date)
Les ROU ALYA, congrégation de Qadrya, ayant son centre à Tozer où la direction de la congrégation est héréditaire chez les descendants du marabout Abou-Ali. Les zaouïas de Qadrya, de Nefta, de Gafsa et d'une partie du Djerid relèveraient de celle de Tozer.
88
(Sans date)
Les AOUAMRYA, branche tunisienne des Aïssaoua, ayant son centra à Monaster où la direction de la congrégation est héréditaire chez les descendants du fondateur de l'ordre. Compte des adhérents à Sfax et dans plusieurs autres lieux de Tunisie.

(**) In : "Marabouts & Khouans" par Louis Rinn chef de bataillon d'infanterie hors cadre; chef du service central des Affaires indigènes au gouvernement général & vice-président de la société historique algérienne.1884