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A)
Race Berbère
- (1269) -
La race berbère est groupée de la manière
suivante :
1) Tripolitaine (Lybie)
Les
Louata
et
Houara
ont
abandonné le pays ouvert aux Arabes pour se réfugier dans les
montagnes ou se cantonner dans l’extrême sud(1).
1. Les descendants des Houara se trouvent toujours dans les
déserts de la Tripolitaine, où on les désigne sous le nom plus
exact de Hoggar.
Les
Nefouça
sont
toujours dans les montagnes auxquelles ils ont donné leur nom,
au sud de Tripoli.
Les
Zouar’a
et
Demmer,
fort diminués en nombre, forment la population sédentaire des
oasis, se rapprochant de l’Ifrikiya.
2) Tunisie et Djérid
Les
Nefzaoua
se sont
retirés dans les oasis et dans les régions montagneuses. Les
oasis sont habitées par des populations mélangées de
Nefzaoua, Houara, Demmer et Ouacine.
A Tunis s’est formée une colonie d’Almohâdes-Hafsides
(Masmouda).
3) Province de Constantine
Les montagnes de l’Aourès et les chaînes environnantes sont
occupées par des fractions de
Nefzaoua
et
Louata
et des
groupes d’origine Zenète (Ouacine, etc.).
Les
Houara
s’étendent sur les plateaux situés au nord-est de l’Aourès
jusqu’au sud de Bône ; ils commencent à se laisser arabiser par
le contact et ne tardèrent pas à prendre de nouveaux noms (Henanecha,
Nemamcha, Harakta).
Les Ketama sont toujours compacts dans les contrées montagneuses
comprises entre Collo et Bougie. Une de leurs fractions les plus
importantes, celle des Sedouikech, s’étend à l’ouest de
Constantine jusqu’à Sétif.
4) Mag’reb central
Les
Zouaoua
sont
intacts dans les montagnes du Djurdjura.
Les
Sanhadja
ont dû
abandonner une partie de leurs plaines aux Arabes, ils
n’occupent plus que la Mitidja et les montagnes environnantes.
Une de leurs principales fractions est celle des
Beni- Mellikch.
Entre Tenès et l’embouchure du Chélif habitent les
Mag’raoua
O’Mendil.
Les Toudjine dominent dans le Ouarensenis, étendant leur
autorité jusqu’à Médéa et Miliana, à l’est, et jusqu’au Seressou
à l’ouest.
Les
Abd-el-Ouad
et
Rached
occupent
Tlemcen et se rencontrent dans les environs de cette ville avec
les débris des anciennes tribus :
Ournid, Ifrene,
etc. …
Au nord de Tlemcen, jusqu’à la mer, les montagnes sont habitées
par les
Beni-Fatene
(Koumïa,
Oulhaça,
etc. ... )
5) Mag’reb extrême
(Maroc)
Le Tel de cette contrée est resté entièrement berbère, sauf dans
le Tamesna et le Hebet, où ont été implantées les tribus arabes
éloignées de l’est par El-Mansour.
Les
Beni-Fatene
et
Zenaga
occupent
les montagnes voisines de l’embouchure de la Moulouïa, et les
R’omara,
le Rif, jusqu’à Ceuta.
Dans la vallée de la Moulouïa, les Miknaça et autres tribus
berbères ont cédé la place aux
Beni-Merine
et se
sont jetés dans les montagnes.
Les
Berg’ouata
ont à
peu près disparu.
L’Atlas est habité par les
Masmouda, Zenaga,
etc.
Dans les contrées méridionales et le Sous, l’élément berbère
s’est laissé pénétrer par les Arabes venus du sud-ouest.
6) Grand désert
Toujours habité par les Sanhadja-au-litham (voile).
Dans le Sahara du Mag’reb central, les Beni-Ouargla occupent
l’Ouad-Rir ; les Sindjas,
Lar’ouate, Mezab,
les contrées au midi du Djebel-Amour.
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B)
Tribus Arabes
Les Soleïm occupent la plus grande partie de la Tripolitaine et
de la Tunisie.
Voici comment se répartissent leurs fractions :
Les
Debdab
s’étendent sur la région littorale entre Barka et Tripoli.
Les
Mirdas
occupent
les contrées méridionales de la Tunisie,
le pays de Kastiliya, les villes de Touzer et de Nefta leur
servent de séjour d’été.
Les
Allak.
ayant pour chefs les Kaoub, sont établis dans la plaine de
Kaïrouane et le pays au midi de cette ville où ils ont remplacé
les
Daouaouïda
(Riah).
Les
Hakim
sont
entre Souça et El-Djem.
Les tribus Athbedj sont cantonnées comme suit :
Les
Dreïd
et
Garfa
(Kerfa)
sur le versant de l’Aourés et jusqu’aux environs de Tebessa.
Les
Latif
dans le
Zab, et à Biskra, où ils ont formé la petite dynastie des
Beni-Mozni.
Les
Dahhak,
dans les steppes du Sahara au midi des précédents.
Enfin, les
Aïad, Korra
et
Amer
dans les
montagnes entre le Hodna oriental et le pays de Hamza.
Les
Daouaouïda
(Riah)
occupent le Hodna et s’avancent jusqu’au versant sud du
Djebel-Dira. Ils dominent à Mecila, bien que leur puissance ait
été très affaiblie par le châtiment qu’El-Mostancer leur a
infligé.
Les
Zor’ba
sont
répartis de la manière suivante dans le Mag’reb central.
Les
Yezid,
depuis Djebel-Dira jusqu’à Dehous et à la vallée de
l’Ouad-Sahel, touchant à l’est aux tribus Athbedj et au sud aux
Daouaouïda, avec lesquels ils sont
continuellement en guerre.
Les plateaux à l’ouest du Hodna sont occupes par les
Hoseïn,
jusque vers le Djebel-el-Akhdar. Ils ont été placés dans ces
localités de même que les Yezid pour Abou-Zakaria vers 1235.
Les
Amer
(pluriel, Amour), tribu d’origine Athbedj, passée aux Zor’ba,
s’étendent à l’est des précédents jusqu’au Djebel- Rached qui va
recevoir leur nom. Les
Oroua
sont
avec eux.
Les
Malek,
formant le reste de la tribu, occupent les plaines du Mag’reb
central, dans la partie comprise entre Miliana et la Mina, les
Attaf
étant
près, de Miliana et les
Soueïd
et
Dialem
dons
les plaines du Chélif et de la Mina.
Les
Makil
se sont
fractionnés : une de leurs tribus, les
Thaaleba
sont fi
xés aux environs de la montagne de Titeri, ayant pour voisins
les Sanhadja
Mellikch,
au nord, et les Toudjine à l’ouest.
Les autres tribus Makiliennes se sont avancées vers l’ouest par
les régions sahariennes.
Au midi de Tlemcen sont les
Douï-Obeïd-allah
; près
de Sidjilmassa, les
Monebbate
;
Dans le Sous-el-Akça, les
Douï-Hassane et Chebanate.
Les Djochem, comprenant les
Kholt
et
Sofiane,
occupent le Tamesna, mais ils sont très affaiblis par les
dernières guerres.
Une fraction des Riah est toujours cantonnée dans le Hebet où
elle a été transportée, en même temps que la précédente, par le
khalife El-Mansour.
Les plaines, on le voit, deviennent peu à peu le domaine des
Arabes. Plusieurs de ces tribus, qui se sont mises au service
des souverains berbères, ont obtenu, en récompense de leurs
services, soit des territoires à titre de fiefs (Ikta),
soit d’autres faveurs telles
que la
Djebaïa,
part de moitié sans la produit des impôts qu elles faisaient
rentrer.
En outre, les tribus arabes puissantes imposent à leurs voisins
sédentaires, les habitants des oasis, diverses charges,
notamment le droit de
Khefara
ou
protection dont le but est surtout de les exempter des
incursions de leurs «protecteurs». Ce droit consiste en jeunes
chameaux.
Enfin, certaines tribus sahariennes, à la suite de services
rendus à leurs sœurs du Tel, dans les guerres, exigent d’elles
le droit de
R’erara
(sac),
dont ces dernières s’affranchissent par le versement d’un
certain nombre da
R’rara
de
grain(**).
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LES TRIBUS DE LA
PROVINCE DE CONSTANTINE.
FORMATION DES FAMILLES FÉODALES. EXTINCTION DE LA PUISSANCE DES
CHABBÏA.
Dans la province de Constantine, la réaction de l’élément
indigène s’est accentuée également, mais sous une autre forme,
celle des chefs de tribus qui ont formé des familles féodales.
Leurs membres vont également prendre une part active à la marche
des affaires, et il convient d’examiner leur situation, afin
d’apprécier les transformations opérées.
Les Henanecha, qui dominaient sur toute la partie orientale de
la province de Constantine, à cheval sur la frontière tunisienne, des hauts
plateaux à la mer, avaient pour suzerains les Chabbïa. Lorsque
Abd-es-Samed, émir de ces derniers, avait dû quitter la Tunisie,
il s’était avancé, avec l’appui des Dréïd, jusqu’au sud de
Constantine, en refoulant les Oulad-Saoula, anciens maîtres du
pays; abandonnant ensuite aux Daouaouida les régions situées à
l’ouest du Bou-Merzoug, il avait soumis à son autorité les
plateaux près d’Ain-Beïda et Tebessa et, de là, s’était avancé
en vainqueur jusque dans le Sahara. Ain-Chabrou, près de
Tebessa, était devenu son centre, entre le Tel et le Sahara. Une
famille religieuse, dont le chef, Abd-el-Hamid, s’était attiré
un grand renom dans le pays, en rendant impartialement la
justice aux nomades et aux telliens, provoqua par son
indépendance la colère du puissant chef des Chabbïa, dont il
n’avait pas voulu servir les caprices. Abd-es-Samed le fi t
périr ainsi que les mâles de sa famille. Un seul d’entre eux,
nomme El-Mebarek, échappa au massacre et alla se réfugier à
Khenguet- Sidi- Nadji, dans l’Aourès, où il fonda la Zaouïa si
renommée qui y existe encore.
Cet audacieux attentat eut pour effet. de déterminer l’explosion
d’une révolte générale contre les Chabbïa dont la tyrannie avait
fini par excéder tout le monde. Leur surprise fut d’autant plus
grande que leur pouvoir semblait moins contesté ; en un jour
tout changea et, dès lors, ils n’eurent plus un instant de répit
: traqués, poursuivis, trahis, ils n’évitèrent de tomber sous
les coups des Henanecha ou des Daouaouïda que pour être pris par
les Turcs. Après avoir vu périr son fi ls dans un rude combat
contre ces derniers, au lieu dit Guiber, Abd-es-Samed se réfugia
dans le Djebel-Chechar, montagne de l’Aourès méridional, où il
fonda aussi une Zaouïa ; les autres membres de sa famille furent
dispersés et la puissance de cette dynastie, un moment si
grande, fut éteinte pour toujours.
Les conséquences de la chute des Chabbïa furent considérables.
Les Dréïd, qui avaient été leurs plus fermes soutiens, se virent
chassés des environs de Constantine, dispersés, et leurs débris
se
cantonnèrent à Ouks, auprès de Tebessa. Les Nehed et Khoumir,
collecteurs d’impôts des Chabbïa dans le sud, furent réduits à
se
retrancher dans les montagnes situées à l’est de La Calle, d’où
ils étaient peut-être originaires.
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FRACTIONNEMENT DES HANANECHA ; LEURS CHEFS LES HAHAR ET LES BEN-
CHENNOUF.
Le groupe de Berbères Houara et Nefzaoua, arabisés et
transformés, qu’on avait désignés jusqu’alors sous le nom de
Henanecha, vit se détacher de lui des fractions, véritables
essaims qui vécurent d’une existence propre ; ce furent :
Les Nemamcha, obéissant à des chefs nommés les Oulad- Rechache
et qui étaient cantonnée sur les plateaux, au sud de Tebessa, où
ils vivaient de l’existence semi-nomade.
Les Harakta, tribu de mœurs semblables, mais peut-être plus
sédentaire, occupant les environs d’Aïn-Beïda. Ils obéissaient à
la famille du cheikh Aïssa.
Un autre groupe se forma aux Garfa, entre Aïn-Beïda et Guelma,
autour de le famille Ben-Merad.
Enfin, dans l’Aourès, un certain Ammar-el-Amrani groupa d’autres
Bedouins d’origine diverse, qui furent appelés Amamra, en
souvenir de non nom.
Quant aux Henanecha proprement dits, ils formèrent deux groupes
principaux, l’un, vers la Tunisie, sous l’autorité de la famille
Ben-Chennouf, appuyé par un groupe des Oulad-Saoula et dominant
la ville du Kef et la région qui s’étend à l’ouest; et l’autre à
Kalâat-es-
Senane, à l’est de Tebessa, forteresse naturelle, servant de
capitale aux chefs, les Harar.
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LES DAOUAOUÏDA ET LEURS CHEFS LES BOUAOKKAZ. LES OULAD-MOKRANE
DE LA KALAA ET DE LA MEDJANA.
Nous avons dit plus haut que les Oulad-Saoula, attirés, en
partie, du côté du Kef par les Ben-Chennouf, affaiblis après
leur longue suprématie, avaient vu leurs derniers débris
repoussés dans l’extrême sud par les Chabbïa. Une autre branche
des Daouaouïda, descendante des Yakoub-ben-Ali(1), ayant à sa
tête la famille des Bou-Aokkaz, avait hérité, en partie, de leur
suprématie sur Constantine, bien diminuée par l’établissement
des Turcs. Ils avaient reçu de ceux-ci le titre de
cheikh-des-Arabes et dominaient dans le Zab et le Sahara de
Biskra et jusqu’aux montagnes qui bordent la plaine des
Abd-en-Nour, au sud. Le cheikh des Henanecha, à l’est, celui des
Arabes, au sud-ouest, se disputaient et se partageaient la
prépondérance des plateaux de la province.
Plus à l’ouest, dans la plaine de la Medjana, étaient les
Mokrani, étendant leur autorité sur les Beni-Abbés, au nord, et
la région de Mecila, au sud. Lors des grandes conquêtes faites
par Amokrane, à la fin du siècle précédent, le domaine des
Douaouïda avait été fortement entamé et il en était résulté une
ardente rivalité entre les deux familles; mais Sidi-Nacer, fils
et successeur d’Amokrane, n’avait pas hérité de ses qualités
guerrières. Il préférait l’élude à la gloire et s’était renfermé
dans sa Zaouia de la Kalâa. Or, les tribus du sud, qui s’étaient
compromises pour son père, n’entendaient pas être abandonnées
ainsi. D’autre part, les Beni-Abbès étaient mécontents de sa
timidité et de sa paresse. Ils s’entendirent avec les gens du
sud et, étant parvenus a l’attirer hors de la Kalâa, le
massacrèrent avec son escorte. Ainsi fi nit la royauté de la
Kalâa des Beni-Abbés. Ces faits se passèrent, sans doute, dans
les premières années du XVIIe siècle.
Cependant, deux fils de Sidi-Nacer avaient échappé au massacre.
L’un d’eux, Sidi-Betteka fut recueilli par les Hachem, groupe
détaché des Hachem de la province d’Oran qui étaient venus se
mettre au service de son aïeul Amokrane, ainsi que nous l’avons
dit. Ils étaient établis dans la Medjana et devinrent les plus
fermes soutiens de la famille Mokrani, dont le jeune chef,
Sidi-Betteka, sut relever la puissance et causer aux Turcs de
graves embarras, en s’opposant au passage de leurs colonnes,
s’ils ne composaient pas
avec lui. Il tira vengeance de la trahison des Beni-Abbès et
étendit son autorité sur la Medjana, le Hodna et les régions du
sud-ouest.
Malgré les prières des Beni-Abbès, il ne voulut jamais retourner
à la Kalâa. Un autre fils de Sidi-Nacer, nommé Mohammed, alla
vers le nord, dans les montagnes qui avoisinent Djidjeli, fonder
une Zaouïa qui est restée en la possession de cette branche de
la famille Mokrani, jusqu’à ce jour.
L’abaissement des Oulad-Mokrane avait favorisé l’extension de la
puissance des Daouaouïda, dont le chef, Ahmed-ben-Ali (bou-
Aokkaz), avait accordé sa fille en mariage à Sidi-Nacer ou à un
de ses frères. Le cheikh Daouadi avait sa deïra, son principal
campement, dans le Zab, d’où il rayonnait sur divers points de
son vaste territoire; mille cavaliers étaient toujours prêts à
l’accompagner. Il mourut en 1602, et fut successivement remplacé
par son fi ls Ali, puis par son petit-fi ls Ahmed, en 1616. Enfin celui-ci étant décédé en 1622, le commandement échut à son fi
ls Sakheri, homme énergique que nous allons voir entrer en
scène.
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III. PROVINCE DE
CONSTANTINE
Cette province est certainement la plus curieuse à ‘étudier, au
point de vue ethnographique. Nous y retrouvons l’élément
berbère intact
1°) Dans la vaste région montagneuse qui s’étend de Collo à Mila
et de cette ville à Bougie, avec la plaine de la Medjana pour
limite méridionale. Ces populations descendent des anciens
Ketama, dont nous reconnaissons de
nombreuses fractions intactes :
Beni-Khattab et Beni Siline, près d’El-Milia.
O. M’hammed, commun indigène de Djidjeli.
Eiad ou Aïad, canton d’Akbou.
Beni-Merouane, près Mila.
Djimla entre Sétif et Djidjeli, et autres.
Dans les vallées de ce massif ; Ouled-Guebli, Oulad-el-Kebir,
Ouled-Bou-Slah et Oulad-Sahel, l’influence et l’élément arabes
ont pénétré et arabisé, plus ou moins, les populations par le
contact.
Nous retrouvons, en outre des groupes arabisés des Ketama, ou
plutôt des Sedouikch, leurs descendants, de la plaine, savoir :
Rig’a, Dehara et Guebala, (du nord et du sud), dans le massif du
Bou-Taleb, au midi de Sétif, et dans les régions adjacentes.
Darsoun, près Constantine.
Abd-en-Nour, Telar’ma et autres occupant les plaines entre
Constantine et Sétif.
2°
Dans la région montagneuse située entre la Medjana et
l’Ouennour’a
Mezita, Adjica et fractions Sanhadjiennes.
3°
Dans l’Aourés :
Les Chaouia, berbères Zénètes de la famille d’Ouacine (troisième
race), et quelques Beni-Ifrene.
En
outre de ces groupes à peu prés purs, on retrouve l’élément
berbère, plus ou moins arabisé, dans les tribus suivantes :
Zardeza, entre Jemmapes et El-Harrouche.
Oulhaça et Sanhadja, près de Bône.
Oulad-Soultan, à Negaous (sud-ouest de Batna).
Enfin, toutes les populations des montagnes du littoral, entre
Philippeville et la Tunisie.
A
cela il faut ajouter les grandes tribus berbères (Houara,
Nefzaoua, Louata, Ketama), arabisées déjà à la fin du XIVe
siècle, rénovées et ayant incorporé dans leur sein des groupes
arabes, notamment :
Les Henanecha, aux environs de Souk-Ahras.
Nemamcha, près de Tébessa.
Harakta, près d’Aïn-Beïda.
B.
Ouelbane, près de Semendou.
Abd-en-Nour, Telar’ma déjà cités, et bien d’autres.
Quant à l’élément arabe il a été, dans toutes les vallées du Tel
atteintes par lui depuis longtemps, entièrement absorbé, fondu
au milieu de la race indigne, à ce point qu’il est impossible de
le distinguer actuellement des Berbères arabisés avec lesquels
il est en contact. Citons comme types:
Les Beni-Merdés, près de Bône.
Dreïd, fondus, partie dans la région de l’Oued-Zenati et partie
dans celle de Tébessa.
Garfa (Guerfa ou Karfa), entre Aïn-Beïda et l’Oued-Zenati.
Atïa, près d’Aïn-Mokra, et peut-être jusqu’aux environs de
Philippeville.
Oulad-Mâdi, prés de Bou-Aréridj.
Oulad-Saoula, dans le Zab, près Biskra.
Daouaouida, répandus dans le Zab et le Hodna.
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Les tribus arabes restées pures se trouvent dans les Hauls-
Plateaux et le Sahara. Ce sont :
Les
Oulad-Saïd,
Mekhedma, Djelal, Farès, Amer, etc.
Enfin, les beys de Constantine, ayant eu le soin d’incorporer au
domaine de nombreux territoires, y installèrent des tenanciers
qui ont formé partout dans ces Azels de nouveaux groupes ; ils
constituèrent en outre de toutes pièces des tribus entières pour
le service des Makhezen, notamment les :
Zemoul, Barranïa, Beni-Siline et autres.
En
1830, le bey El-Hadj-Ahmed règne en vrai despote à Constantine
et, par suite de le chute du dey, il va prendre le titre de
pacha, dans lequel il sera confirmé par la Porte. En attendant,
il s’occupe avec activité et intelligence de la construction
d’un palais digne de lui. Les matériaux qu’il a commandés en
Italie par l’intermédiaire de son représentant de Bône, étant
insuffisants, il se procure ce qui lui manque : plaques de
marbre, colonnes, carreaux de faïence, etc., en les enlevant,
sans permission, aux demeures de ses administrés.
Dans toutes les directions, les marabouts sont
nombreux ; mais on ne trouve pas, parmi eux, ces grandes figures
qui s’imposent en dominant les autres, et nous nous dispenserons
d’en citer.
Il
en est autrement des familles féodales, dont nous avons suivi
autant que possible le développement, et que nous allons passer
en revue.
Celle des Bou-Aokkaz, à la tête des Daouaouida, et dont le chef,
Farhate-ben-Saïd, a porté le titre de Cheikh-el-Arab. C’est le
vrai maître du Zab, du Hodna et de la région qui confine au
nord, à la plaine des Abd-en-Nour.
Celle des Ben-Gana, d’origine plus récente, que le bey
Ahmed-el-Kolli a opposée à la précédente, et dont le chef,
Mohammed- Bel-Hadj-ben-Gana, a reçu d’El-Hadj-Ahmed-bey,
renouvelant ce qui avait été fait par son aïeul El-Kolli, la
titra quelque peu honoraire de
Cheikh-al-Arab.
Celle des Mokrani de la Medjana, bien réduite par ses luttes
intestines. Son chef, reconnu par les Turcs, est alors le vieux
Ben- Abd-Allah, de la branche des Oulad-el-Hadj. Mais Ahmed-ben-
Mohammed et Abd-es-Selam, deux de ses parents, sont sur le point
d’entrer en scène.
Celle des Oulad-Achour, dans le Ferdjioua, dont le chef est,
alors, Bou-Rennane; son cousin, Maggoura, tient la campagne
contre lui et lui dispute le pouvoir. Mais c est le jeune
Ahmed-Bou- Aokkaz, neveu de Bou-Rennane, qui va, avant peu, s’en
emparer,
même par le meurtre de ses parents.
Celle des Harar, qui se trouve, pour le moment, écartée du
commandement des Henanecha, par l’usurpateur Rezgui.
Celle des Ben Merad de Garfa et celle des Bou Diaf de l’Aourbs.
Enfin à Touggourt, règne toujours celle des Ben-Djellab. Le
sultan Amer vient de mourir ou va mourir, laissant le pouvoir à
son frère Brahim.
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(*)
In : « Histoire
De
L’Afrique Septentrionale »
par Ernest Mercier (Berbérie)
depuis les temps les plus reculés jusqu’à la conquête française (1830), Tome 2,
page 188.
- (*) In :
Ibn-Khaldoun,
Berbères,
t. I, p. 52 et suivi., 75, 88 et suiv.113, 125, 132 et suiv.
159, 241 et suiv., 278 et suiv., t. II, p. 4 et suiv., 257 et
suivi., 345 et suivi., t. III, p. 126 et suivi., 247 et suivi.,
286, 340, et t. IV, p. 3, 8 et suivi., 28 et suivi., 262.
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