Djamel Louafi

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Adresse : Cité El Amel  Aïn-Beïda 04200 (Algérie)
 
Le curriculum d'artiste par l'Artiste lui-même :

- Louafi Abdallah dit Djamel né à Ain-Beida, Professeur  de Sciences Naturelles dans un collège d'Ain-Beida depuis Novembre 1966 ; actuellement à la retraite anticipée depuis septembre 1999.
- 60-61 Séjour à Mâcon (Saône & Loire) lors d'un jumelage des 02 villes d'Ain-Beida - Mâcon. On a eu le privilège d'être hébergé dans le Lycée Lamartine de la ville puis on a sillonné la campagne de Chauffailles (endroits idylliques). Participation aux différentes activités artistiques programmées lors des veillées : première initiation artistique.
- Appréciation de mes premiers dessins au Lycée de Constantine 63-64 par le professeur  de dessin Mr. Taoutaou, puis on assiste aux différentes représentations théâtrales : tragédies- comédies de Molière, Racine….Visites du Musée de Constantine : beaucoup de tableaux ont retenu mon attention : Albert Marquet, Fromentin…
- 75-76 1ère exposition de peinture à l'occasion de : quinzaine économique d'Ain-Beida, le jour de l'Etudiant….
- Réalisation de fresques, de décors de certains édifices, écoles, crêches….
- 1982 Séjour à Paris : visite de plusieurs Musées : Le Louvre- le jeu de Paume, l'Orangerie, le "Musée de la Marine", le "Musée de l'Homme" d'où plusieurs influences artistiques : néo-classique, romantique, naturaliste, impressionniste….
- 1984 2ème séjour à Paris : une vraie imprégnation : visite de la Butte de Montmartre, le Moulin de la Galette, la rue Tholozé peinte par Utrillo, la place du Tertre où j'ai noué des amitiés avec des artistes peintres.
- 1985 Collaboration à la revue "La Toison d'Or" de Bergerac en tant qu'illustrateur au temps de Monique Doulut, Alain L'Honneur et Annie Delpérier , aussi "L'Ecole de la Loire - Blois" présidente Michèle Pichery et "Art et Poésie de Touraine (APT.)" présidée par Catherine Bankhead, lauréate de l'Académie française dont site Web : http://artpoesie.free.fr .
- Création de mon propre atelier : mes tableaux une fois achevés puis photographiés sont transmis à la revue.

 Quelques unes de ses oeuvres :
Taleb
L'artiste 
dans son Atelier
Koubba, Sud algérien : 
aquarelle
Le liseron
Place de l'église Ain-Beida
L'ancienne gare d'A.B.
Femme animant les fêtes
La voyante
Delacroix : aquarelle
Miniature
Nature morte au pot bleu
Marine
Fillettes dans la palmeraie
Reproduction
Square d'A.B. en automne
Ecole "Flousse"
Fantasia
Les deux chevaux
Nature morte à la carafe
Nature morte à la grenade
La pergola
Nature morte aux tulipes
Ferme aux quatre pavillons
Une allée du square d'A.B.
El Kantara (1)
Square A.B.
El Kantara (2)
Le henné des accordailles
Marché d'A.B. sous la neige
 
Palette (gamme)
Allée square A.B.
Copie : fillette au piano
La touiza
Aquarelle : Bassin
du square d'Ain-Beida
Nature morte à la figue 
de barbarie (HST)
Nature irisée 
(HST)
L'aurassienne : 
la cuisson (HST)
Copie : l'aveugle
L'aurassienne :
la poterie (HST)
Ancienne gare d'A.B. en hiver
Couverture
APT. n°186/06 Tour. France
Ecole "Flousse"

suite :

La rue du presbytère d'Ain-Beida
Au bord de l'oued
 "Boubyadha" El Kentara
Ain-Sedjra
La pergola d'A.B
De la part de : 
Encouragements & Félicitations pour ce travail remarquable.
Marché d'A.B. au printemps.
Square Willigens en Automne
Nature morte au rameau d'olive
Square Willigens en Hiver
L'ancienne gare
de La Meskiana
"La ferme Robert Couture"
La Meskiana à 30 kms d'Ain-Beida
"Nature morte aux tulipes"
- En hommage à la revue "A.P.T." de Tours, présidente Catherine Bankhead -
Symphonie
"Nature morte au broc"
Le simoun Rep.E.D
Le grand père Rep.E.D
La danseuse d'Ouled Nail Rep.E.D
Enfants à dos d'âne Rep.E.D
Nature morte
"Le bouquet de fleurs" H.S.T.
Textes & poèmes de Djamel Louafi

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(1).Dans  l'amalgame  des saisons

Voila le clair automne !... Dans son somptueux ornement, le feuillage translucide vibre de volupté et s'adonne à ses dernières rêvasseries…
Que de rameaux, en contrastes colorés, crient d'un effroi étrange par craintes d'être effeuillés… nature raturée ! L'hiver est précoce désespéré et  diminué. Seules des embellies prêtent leurs fugaces à une sève assoupie pour que myosotis, jonquilles, pensées, attendent d'un écho assourdi la brise berceuse à la rescousse des senteurs de la mélancolie…
Et  voila que l'astre d'avril, frais et timide, enjambe tout un ciel enivré tandis que les frêles et soyeux papillons dans leur valse, auréolent déjà les jardins de confetti…
Et quand toutes ces belles fleurs s'offrent à leur extase, un baume vient envahir mon âme éprise d'un rêve inassouvi …
Algérie. Automne 2003 par Djamel Louafi..

 

(2).Sur le rapport de deux tons 

En peinture, les mondes de la lumière et de l'ombre ont si longtemps été sujets de controverse que chacun s'est interrogé, à un moment ou à un autre, leurs rapports mutuels*. D'après Cézanne, " L'ombre comme la lumière est une couleur, mais brillante ; lumière et ombre ne seraient donc que le rapport de deux tons. " Si cette observation a certes le mérite de la logique et de la simplicité, comment ne pas être tenté de lui opposer, aujourd'hui, d'autres hypothèses fondées sur une évolution des sciences et des connaissances ? Sans doute le premier artiste fut-il cet homme qui, par sa délicatesse de sens et son discernement, façonna un bonheur de l'esprit assimilable à une sorte de " sensualité spirituelle ". Mais on considère que la souffrance aussi façonne. Comme l'ardeur du soleil donne aux articulations le mouvement et la vie mais parfois dégénère en géhenne, elle peut, dans les conflits et les peurs infantiles, se transformer en flammes brûlantes qui réduiront la vie en cendres. Je pense souvent à Van Gogh qui, poussé par sa foi inébranlable, s'est efforcé de projeter sur les heurs et malheurs de ses proches le miracle de sa lumière. Toute la richesse de ses sentiments s'est répandue dans ses tableaux en touches fauves et exubérantes, couleur de sang et d'or, infiniment évocatrices de cette lumière. Aux ciels couverts et courroucés, annonciateurs d'orages, il a préféré des arbres irisés croulant sous les fruits et des champs lourds de moissons animés d'une vibration qui pénètre le cœur et l'être. Pourtant cette âme plaintive aux profondeurs abyssales ne trouva en son temps ni compréhension ni considération. La névrose et les délires de l'artiste l'exposèrent au contraire au dédain et au rejet de ses contemporains. A cette tentative lumineuse je ne peux m'empêcher de comparer la plongée dans l'enfer de l'inconscient de nombreux artistes qui travaillent une pâte onctueuse, chargeant la toile de teintes sombres et dramatiques accordées à leur être profond. De l'opposition de l'ombre et de la lumière naît, avec le clair-obscur, un antagonisme dont le mystère incessamment me hèle sur mes voies de la connaissance. 

Djamel Louafi 

* " Aucune matière ne peut être intelligible sans ombre ni lumière ", estimait Léonard de Vinci.

 

(3).La peinture surréaliste 

Devant la réalité mouvante des lettres, l'art subi constamment des métamorphoses qui donnent naissance à divers courants littéraires, entre autres : le surréalisme qui doit être patiemment mûri, sans que soit pour autant mis en question la validité de l'œuvre classique qui reste valable pour plusieurs générations. Un double écueil apparaît d'emblée : d'une part tout un ensemble d'œuvres surréalistes à opérer dans une production prolifique non décantée par le temps; d'autre part, l'inévitable recours à une nouvelle lecture : ouvrir des voies nouvelles à l'imagination, autant vouloir aussi disséminer le monde de la réalité mettant fin à toutes les valeurs traditionnelles, ce qui provoqua à l'époque un choc émotionnel dans une civilisation qui a perdu sa raison d'être de l'incommensurable monstruosité de l'entre deux -guerres. Créateurs de situations nouvelles, soumis à leur libre imagination, les surréalités ont donné le sens d'une imagerie qui se veut non pas florissante, mais délirante. N'y a-t-il pas plusieurs exemples plus riches de portée, de conséquence qui aient un objectif, lin d'en arriver à de piètres résultats ? Citons l'exemple de ces statues exotiques de WLAM dans la " jungle ", aux différentes formes d'êtres " démonologiques " qui, dans leur ronde infernale, évoluent dans le tourbillon d'une danse sans fin…. Et Roberto Matta, dans " le vertige d'Eros ", a élaboré une extraordinaire architecture, créant des espaces vides, ou se dressent d'informes masses imaginaires : du futurisme !... Puis Oscar Dominguez crée à son tour des assemblages d'objets insolites, plutôt poétiques : une sorte de défi à la sensibilité…. Il m'est difficile en pareil domaine d'être exhaustif sans que nous avions notés, par ses thèmes de prédilection et qu'aujourd'hui les intellectuels s'engouent de sa puissance visionnaire. Cela nous amène à réfléchir…. Ce nouveau courant surréaliste a pu unir technique et spontanéité, à la fois " automatique " et " romantique ". En effet, le surréalisme, en tant que doctrine morale et esthétique, non seulement issu du symbolisme, mais d'un symbolisme qui obéit instinctivement à des " conditions morales de la création ". C'est qu'aucune œuvre d'art, qui est d'abord un temps de voix, une expression poétique, n'a jamais été créée pour être abandonnée à l'ombre, mais pour être témoin d'une époque dans la mesure ou elle apporte un '' plus littéraire'' supplémentaire. Qu'un poète, un peintre, crée un monde imaginaire, le voila libéré du carcan et de la contrainte qui ne sont que la pierre d'accrochement pour le bon déroulent de l'Histoire de la Peinture.

Djamel Louafi

 

(4).La moisson

 On ne peut songer à évoquer la twiza- l'entraide- surtout dans notre région qui foisonne en blé, sans parler de la moisson allant de Mai à l'arrivée des grandes chaleurs. N'oublions pas avant tout ces claires et tièdes journées automnales, embrasées de douceur, ou la terre minérale qui, fraîchement marquée par l'araire, exalte une dense vapeur…… Des graines qui, semées à plaines mains sont une manne inouïe que l'on récoltera et partagera généreusement……Qui de plus poétique pour le semeur, cet amour pour sa terre, solide et sure à ses pieds !.... Puis le printemps arrive, étalant de longs tapis de coquelicots et violettes plus éclatants dans leur féerique harmonie. Des jouvenceaux, à dos d'âne, sillonnant les sentiers abrupts, musent à travers les champs d'orge et de blé, d'hameau en hameau pour annoncer solennellement la prochaine moisson….... Tôt le matin, emportés par la romance du vent comme une mer porteuse d'effluve les épis blondes s'abandonnent à leurs rêve, chancèlent et se resserrent de crainte d'être fauchées par le geste auguste de la faux…… Sous un soleil dardant ses rayons brûlants, plusieurs moissonneurs, dos courbés, et au teint basané, animés de courage, sont imprégnés d'une solidarité pour un rude effort abordé sans répit, mais avec fierté. Ils fredonnent de temps à autre des airs nostalgiques pour un brin d'ivresse d'une grande attente, en fin le temps d'un soupir !.......Dépiquage, puis vannage sous l'effet du vent, deux opérations émanant une odeur céréalière mêlée au parfum chaud de la verte moisson; de quoi réveiller en nous les célèbres " cribleuses " de Courbet…. Ainsi, loin d'entraver le moissonneur dans son milieu naturel c'était la l'une des traditions, venant du fond des âges pour lui faire sentir sa liberté. Néanmoins, ayant commencé à accomplir sa besogne, il est tout surpris finalement de faire de la poésie soufflée par cette nature familière puissamment attaché à elle, pour puiser dans le fond des plus belles vertus.

Eté 2004 Djamel Louafi

 
(5).L'Orient  peint par l'Occident
Que n'a-t-on déjà écrit sur l'Orientalisme et qui ne croit le connaître ? Il reste aussi à foison de prestigieux foyers de lumière, des bibliothèques, des collectionneurs où il est souvent difficile aux admirateurs d'y pénétrer pour attiser leurs curiosités… Plonger dans une époque plus lointaine, on risquerait de s'y perdre dans l'histoire de l'Orient et de l'Occident qui fut intimement liée, tissée grâce aux différents échanges. En effet, il y a eu tout un bouillonnement intellectuel à cette époque du 8 eme au 9eme siècle, les siècles les plus importants de la civilisation orientale .Cette dernière avait cependant  beaucoup donné dans divers domaines, entre autres : la richesse culturelle, notamment la traduction des " Contes des Mille et une Nuits "  par Antoine Galland.
Ça était le foisonnement, l'intérêt irrésistible qui avait enchanté tout l'Occident et du fait, ça était le point de départ de l'Orientalisme, le goût de l'Orient pour ses légendes, ses langues, son histoire, ses genres de vie, ses mœurs, etc.…En me hasardant dans ce domaine, je risquerais de dépasser singulièrement le cadre de cet exposé.
En revanche, limitons-nous donc seulement aux peintures orientalistes, comme œuvres d'art, nobles et voluptueuses.
D'abord , la fièvre des différentes recherches tous azimuts à laquelle correspond une littérature de découvertes , est représentée par des croquets , des notes , des carnets de voyages,…Puiser aux sources des sujets d'inspirations orientales , après avoir rapporté tout un répertoire  d'études , c'est poser finalement la première pierre de l'édifice , celui de  leur futur courant pictural , un dessein auquel toutes les facultés littéraires et artistiques devraient être conviées….Déjà , les premiers thèmes furent variés: bain turc d'Ingres, description du harem marquée par les beautés féminines dans leurs costumes somptueux, un sérail soumis au despotisme,…Autant dire que ces influences ont donné à toute une pléiade de peintres le goût de l'aventure et de la recherche picturale .Plus tard, Delacroix, Fromentin, Guillaumet, Marilhat, Decamp…, élevés au milieu d'ateliers de maîtres ,étaient en possession de leur métier. Voici venu donc le moment pour aller à la conquête de l'Orient, attirés par la richesse de ses couleurs, de sa lumière, de ses costumes, etc.… 
Comme, il y aurait là-dessus beaucoup à dire, on peut se contenter d'exemples qui mériteraient d'être développés davantage si on ne craignait de trop nous étendre. Dans  les " Pestiférés de Jaffa " de Gros,* l'incessant jeu de contrastes d'ombre et lumière, la finesse entre les détails les plus délicats marquent les épisodes dramatiques lors des différentes expéditions, les batailles : d'Eylau, d'Aboukir, etc.…
Voici par exemple, au Maghreb, le vécu quotidien d'humbles personnes déambulant en foule au travers des rues, des scènes intérieures comme " les Femmes d'Alger " Delacroix, marquant la vie secrète intimiste d'un gynécée, inspirèrent beaucoup d'artistes, à chacun sa technique et qui , d'un soupçon de réalisme ont pu en recréer l'atmosphère nostalgique … Plus vif encore rien de plus gracieux et de plus doux à l'œil , ce charme des scènes des fêtes du Sud d'antan , où chants , flûtes et tambourins chantèrent l'espoir pour le répandre dans le cœur des plus lointaines oasis…En somme ,tout baigne dans une atmosphère de jeux de lumière subtils , offrant une qualité du chromatisme , par l'emploi des couleurs éclatantes, toutes crues : ocres , bleus câlins, jaune d'or , qui , bien combinées s'harmonisent parfaitement pour en dégager l'émotion profonde du peintre…De ces brèves lectures , que l'on peut multiplier , les orientalistes, à un moment de leur parcours , avaient plus d'une corde à leurs arcs ,et leurs inspirations se jumelèrent .Cependant , tout est mis au service d'un idéal , celui de redorer le blason de la renaissance orientale d'une part,et donner à ce nouvel exotisme un souffle lyrique d'autre part. Outre, si nous nous en tenons à cette esquisse, nous voyons bien que, ces infatigables voyageurs, imbus d'influences orientales, plus aventuriers dans l'âme et fascinés par les étrangetés de l'Orient, étaient à un tournant décisif d'aller jusqu'au bout de leurs rêves pour arriver finalement à la réalité: celle d'assouvir leur ambition.
Finalement, on serait tenté de conclure, que les orientalistes, à l'apogée de leur talent, dont l'œuvre ne cesse de s'affermir, étaient plus déterminés à mettre tout leur génie au service d'une littérature de voyage, de découverte…On voudrait aussi être persuadé qu'ils en sont bien convaincus qu'il faut à tout prix vivifier une peinture académique qui semblerait à l'époque s'immobiliser dans les chemins frayés. Ainsi, soucieux de leur art, pour le vulgariser, l'aimer, cet art qui reflète l'âme d'un Orient et l'humanisme de sa culture.
 
Automne 2006, Djamel Louafi