- Mémoire d’Aïn Beïda
(Essai) - Éditions Dar El Houda, Aïn M’lila, 2006
- L’écrivain et
néanmoins poète Sellah Derradji Yacine s’est déjà illustré
sur la scène éditoriale algérienne avec Evasions sur les dunes,
un florilège de poèmes, édité en 2003 par l’Union des écrivains
algériens, sous l’égide du ministère de la Culture, et ce, dans
le cadre de l’Année de l’Algérie en France.
Fraîchement sorti à la retraite,
après une carrière de cadre supérieur exercé dans plusieurs régions
de l’Algérie, M. Sellah s’est adonné à son violon d’Ingres,
sa passion de toujours, l’écriture. Et ce qu’il y a
d’original dans ce qu’il écrit ou compose, c’est sa
propension à tout rédiger en quatrains avec une sobriété et une
délicatesse peu communes. C’est dans ce sens qu’il a élaboré Mémoire
d’Aïn-Beïda, un livre riche de 224 pages, édité à compte
d’auteur chez Dar El Houda de Aïn M’lila.
Pourquoi, se demanderaient
d’aucuns, un tel ouvrage sur la ville de Aïn Beïda ? En quatrième
page de couverture, il y est écrit que « Aïn-Beïda a toujours
été un carrefour géostratégique privilégié et le grand axe de
l’Afrique du Nord vers l’Europe d’une part et l’Afrique
noire d’autre part. » Autant dire que la cité des Haractas
offre des particularités à nulle autre pareille. Depuis toujours, Aïn-Beïda
s’est illustrée, à travers ses habitants, par une
hospitalité, devenue légendaire, tout comme elle exerce sur le
visiteur un attrait particulier.
Dans son avant-propos, l’auteur
avertit que son ouvrage n’a pas la prétention d’aller dans les
profonds détails de l’histoire, mais se limite seulement à
mettre en exergue les aspects positifs de la ville et de ses
habitants, en l’occurrence la personnalité harkatie. L’ouvrage
comprend dix chapitres ou parties, portant chacun un titre tels que
Signes identitaires, Géographie et histoire, Valeurs et signes
distinctifs, Sagesses harkaties, contes d’antan… Comme signalé,
tout l’ouvrage est écrit en vers, des quatrains au néoclassisme
de bon aloi.
En somme, ce livre se lit avec
plaisir, tant il renferme des sommes de souvenirs, d’anecdotes
aussi bien savantes que truculentes de sagesse et gorgées de
nostalgie, signe d’un attachement aux valeurs intrinsèques du
terroir. Sellah a réussi la gageure de créer un trait d’union
entre les générations, grâce à un livre plein de saveur et
d’intelligence. Son livre Mémoire d’Aïn-Beïda regorge
d’informations aussi bien historiques que sociologiques ou
culturelles et s’adresse à tout lecteur curieux de connaître un
pan, somme toute exhaustif, du patrimoine des Haractas.
Historiens et sociologues y
trouveraient aussi leur compte. Mémoire d’Aïn-Beïda est un
ouvrage à lire absolument, tant il recèle une foultitude de détails
qui suscitent l’intérêt de tout lecteur passionné d’histoire.
Sellah Derradji Yacine se prépare à faire paraître sept autres
livres traitant de divers sujets. Bonne continuation à l’auteur
dans cette louable entreprise qu’est l’écriture !
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- L. Baâziz
- El Watan - 10 octobre 2006
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