- Vous
êtes en droit de glorifier votre révolution grandiose et d'écrire
pour elle les plus beaux poèmes, les chants les plus lyriques et
les plus prestigieux. Vous êtes en droit d'en faire un guide pour
les générations et de vous enorgueillir de tous les grands noms de
créateurs que l'Algérie compte parmi ses enfants et de vous
inspirer de l'illustre poète Mohamed Laid El Khalifa dont le talent
lui a valu d'être qualifié de poète de la réforme, celui du
mouvement national et de la victorieuse guerre de libération qu'il
avait prédit, bien des années avant son déclenchement comme en témoigne
ce poème récité en 1950 devant les étudiants de la ville de
Constantine qu'il a exhortés à la révolte, inciter à briser les
fers et à bannir la léthargie et l'attentisme.
-
- Cette
âme révolutionnaire l'animera tout au long de sa vie. Elle reflète
une époque entière et résume une étape historique dans la vie
d'un peuple qui faisait face à l'occupation et aspirait aux cimes
de la liberté et de l'indépendance. Notre poète qui naquit à
Ain-Beida et
passa les premières années de sa vie dans sa ville natale puis Biskra s'est, de tout temps, abreuvé de la culture
arabo-musulmane authentique et référé à ces illustres chouyoukh
(maîtres). Tout jeune déjà, il s'imprégna des sources profondes
de la résistance nationale contre la domination et l'oppression
coloniale. Il fut vite éclairé sur la voie de la réforme grâce
à des chouyoukh éminents tels l'imam Cheikh Abdelhamid Ben Badis
et autres augustes Uléma dont l’écho de leur pensée réformiste
s'est fait entendre sur d'autres terres: celles de l'Inde, d'Egypte,
d'Echam et même d'Europe.
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- Le
profil du grand poète fut de suite, décelé en sa personne. Sans
cesse en quête de savoir et de connaissances, il se rendit dans les
années 1920 à Ezzeitouna où il obtient un diplôme d'enseignement
et pût ainsi, apporter sa contribution à l'essor du pays en matière
d'enseignement, d'information et de réforme globale. Son talent avéré,
le destina d'emblée à devenir ce grand poète appelé "poète
de la jeunesse". Ses poèmes empreints de finesse et de beauté
emplissaient les pages des journaux et revues tant à l'intérieur
qu'à l'extérieur de l'Algérie et résonnaient avec force, dans
les tribunes et autres cercles. Les ennemis étaient ébranlés et
mis à mal chaque fois que ses vers retentissaient dans les fêtes
et autres circonstances pour jurer fidélité et sacrifice à la
patrie, à la nation, à la religion.
-
- Notre
poète ne manqua point de véhiculer le message littéraire,
artistique et réformiste. C'est avec un sentiment pur et sincère
et une parole juste et mesurée qu'il évoquait la poésie arabe.
Son inspiration atteignait la perfection à chaque fois que l'étau
se resserrait autour de lui. C'est alors que, des paroles s'enchaînent,
que des vers se constituent à l'instar de Abi Faras El-hamadani,
qui, une fois en prison, fît de sa dignité et ses poèmes sa
raison d'être.
-
- De
bon augure tu me parais, petit oiseau,
- Annonciateur
de clémence et de noblesse,
- Tendre
présage sera ton chant,
- Et
haut dans les cieux, tu resteras petit oiseau.
-
- Il
réussit, en dépit de tout, à effectuer de nombreux périples et
tournées à travers tout le pays à la faveur des précieuses conférences
et enseignements qu'il donnait à travers tout le pays en plus de sa
poésie portant sur l'orientation religieuse et l'attachement aux
vertus et aux nobles valeurs de l'Islam. Réceptif, il réagissait
à tous les événements nationaux, internationaux et humains des
Balkans à l'Ethiopie en passant par Hiroshima, la Libye l'Egypte,
le Soudan, la Syrie, la Palestine et l'Irak et chantait les exploits
des révolutionnaires et héros de l'Algérie et sa vaillante armée
dans toutes les régions de cette chère patrie.
-
- Il
est, sans conteste, le poète réunificateur qui a pu, grâce à son
talent et ingéniosité, être le fidèle interprète des
souffrances du peuple et des sentiments des enfants de la patrie
durant plus de cinquante années. Ce fut le cas, lorsqu'il
immortalisa les moments forts de ferveur et d'espoir que le feu du
1er novembre fait jaillir en éclairant les sentiers de l'ombre.
-
- Mohamed
Laid Al Khalifa représentait le modèle vivant du révolutionnaire
intellectuel qui réunit les qualités du Cheikh, symbole de sagesse
et de piété, de l'érudit dont le savoir touche divers domaines.
Il représentait le modèle du militant politique chevronné aux
principes immuables et à la volonté de fer. Sa présence
remarquable dans plusieurs événements qu'a vécus l'Algérie lui
attira les foudres du colonialisme qui le mit en prison, l'exila et
l'assigna à résidence sans jamais entamer sa détermination au
point de devenir le poète de la révolution et l'un de ses
porte-voix.
-
- Il
continua, après l’indépendance, à inspirer des générations
entières dans les domaines de la littérature, de la poésie et de
l'éducation contribuant ainsi, à l'essor d'un mouvement culturel
dynamique jusqu'au jour où, Dieu le rappelle auprès de Lui, pour
l'accueillir en Son Vaste Paradis
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Le Président Abdelaziz Bouteflika rend hommage “au génie du poète”
Le Président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, a adressé
hier un message aux participants à la 18e édition du festival de poésie
Mohamed Laïd Al Khalifa organisé à Biskra et dans lequel “il a
rendu hommage au génie du poète”.
Le poète compte parmi les figures symboliques de l’Algérie
contemporaine, a indiqué le Président de la République précisant que
Mohamed Laïd Al Khalifa était le poète des hommes de sciences, du
mouvement national, de la guerre de libération mais aussi de la
bataille de construction.
Le Président de la République a mis en exergue l’amour que le poète
vouait à sa patrie rappelant que le poète, qui a vécu les affres de
l’emprisonnement et de l’exil, incarnait l’amour de la patrie et
la volonté de la défendre.
Le Président de la République a souligné que ce festival est une
occasion pour célébrer la poésie et la créativité. Il s’est félicité
de la mise en place d’une fondation culturelle pour préserver le
patrimoine du poète, éducateur et grand réformateur Mohamed Laïd Al
Khalifa.
Le Président de la République a indiqué que la fondation intervient
en temps opportun et dans une conjoncture qui exige une réflexion et un
retour sur soi, “pour nous ressourcer à cette mémoire vivante et
d’espoir. Il s’agit en fait, selon le Président de la République,
de valoriser le génie algérien en vue de définir nos visions futures
et d’adapter notre conjoncture actuelle aux exigences de l’heure
mais aussi aux besoins de la nation.
Par ailleurs, le Président de la République a évoqué dans son
message certains styles de la poésie de Mohamed Laïd Al Khalifa tout
en citant quelques extraits qui reflètent son patriotisme, son
humanisme, son appartenance arabo-africaine voire orientale.
Le Président Bouteflika a ensuite abordé l’aspect humain dans la poésie
de Mohamed Laïd Al Khalifa et son discernement face à la catastrophe
d’Hiroshima, dira le Président de la République dans son message, le
poète ne s’est pas contenté de présenter les images de la
destruction. Bien plus, Mohamed Laïd Al Khalifa a laissé entrevoir le
danger imminent que la science représenterait pour l’avenir si les
scientifiques venaient à renoncer aux valeurs morales.
Par ailleurs, le Président de la République a évoqué la situation
actuelle aux niveaux local, régional et international. “Notre poète
n’avait-il pas prévu toute la division, l’intolérance et le
terrorisme qui a frappé notre nation, les tentatives de coopération et
d’unité au sein de notre grand Maghreb, l’injustice des démocrates
au niveau international qui appliquent la politique du “deux poids,
deux mesures”, les peuples opprimés et la science qui est déviée de
ses véritables vocations ?”
Il ne serait pas exagéré de dire, soulignera le Président de la République,
que les poètes Mohamed Laïd Al Khalifa et Moufdi Zakaria sont les poètes
du combat politique et de la lutte. Ils sont également les auteurs des
plus grands chefs-d’œuvres qui reflètent la noblesse de la poésie
engagée.
Enfin, le Président de la République a salué les organisateurs de ce
festival pour la qualité des thèmes retenus dans le cadre des débats
prévus par cette manifestation.
El Moudjahid
: 21/05/03

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