- ZINAI MOHAMMED ben Tahar ben
Ahmed
ben Ali est né le 29 janvier 1903 à Hanchir Douames douar oued nini
(Fkirina ) Ain Beida.
- Après une enfance passée au douar ou
il commence à apprendre le saint coran dans la zaouia de son grand
père il entreprend des études plus poussées à Ain Beida , puis à
Constantine à la Kettania et la mosquée « El Akhdar » auprès de
cheikh Abdelhamid Ben Badis dont il fut l’élève.
- En 1920 il est enrôlé pour le
service militaire par l’armée coloniale et après un séjour au
plateau du Mansourah à Constantine il est muté en France et en
Allemagne.
- En plus du maniement des armes cette
expérience lui permettra de faire la connaissance d’algériens de
toutes les régions ainsi que du bouillonnement des nationalismes de
l’Europe d’après la Ière guerre mondiale.
- A la fin de son service militaire il
réintègre ses études à Constantine puis fait la connaissance de
l’Emir Khaled fondateur de l’Etoile Nord Africaine ;
assigné à résidence à Ain Beida .
- Les deux courants , l’un de la Nahda
de l’islam authentique prôné par Ibn Badis contre l’acculturation
encouragée par le colonialisme par le biais de pratiques
maraboutiques ; et l’autre nationaliste porté par une intelligentsia
au contact aussi bien de l’Orient que de l’Europe et représenté par
l’Emir Khaled puis bientôt Messali El Hadj se font synthèse chez ZINAI MOHAMMED.
- A la fin des années 20 il part
parfaire ses études à Tunis à la Zitouna . A cette période Tunis et
la Zitouna deviennent une plaque du nationalisme arabe .Les
algériens ont pour cercle de rassemblement le café « DINAR » qui
appartiendrait à M. Boudjedra ( le père de rachid ).
- Zinai Mohammed continue sa quête des
études à Damas et visite El qods eccharif avant de séjourner
longuement à El Madina el mounaouara et d’accomplir le hadj à la
Mecque.
- El hadj zinai mohammed est de retour
en Algérie pour assister à la création de l’Association des Oulémas
par IBN BADIS , cheikh El Okbi , cheikh kheireddine , cheikh El
Ibrahimi et cheikh El mili. Il dépose aussitôt les statuts pour
créer la Médersa de Ain Beida . La médersa est officiellement
inaugurée par l’imam Ibn Badis et el hadj Zinai Mohammed en sera le
responsable et le principal professeur. Elle va être le creuset des
sciences et en même temps du nationalisme à Ain Beida pour les
baidhaoui comme pour les hôtes d’Ain Beida comme Rédha Malek futur
négociateur des accords d’Evian et futur Ier ministre de l’Algerie
indépendante.
- En même temps EL HADJ MOHAMMED ZINAI
adhère au nouveau parti nationaliste le Parti du Peuple Algérien PPA
aux cotés de Messali el hadj son fondateur et le premier homme
politique algérien à revendiquer publiquement l’Indépendance.
- A partir de ce moment il s’appellera
« el hadj belgacem el baidhaoui » pour tous les adhérents et les
militants du PPA .
- Lors des évènements du 8 mai 1945 il
est arrêté et interné à djeniene bou rezg (ain sefra ).
- A son retour le PPA ayant été
dissous par les autorités coloniales , Massali el hadj crée le
Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques MTLD avec les
même cadres et militants du PPA .
- En 1947 aux élections législatives
aux quelles le MTLD a décidé de participer sans trop se faire
d’illusions mais juste pour mettre au pied du mur ceux qui
croyaient en une lutte pacifique et politique pour recouvrer
l’indépendance du pays ; El Hadj Belgacem est candidat archi favori
du MTLD à Ain Beida et effectivement il sort largement vainqueur
mais les instructions de fraude généralisées du gouverneur général
Naegelen le dépossèdent au même titre que la plupart des
vainqueurs du MTLD.
- I l s’ensuivirent des émeutes et
encore une fois El Hadj Belgacem est arrêté comme tous les
responsables du parti ; il est assigné à Aflou.
- A son retour et après les évènements
de Tébessa (les éléments de l’O.S sont démasqués) il est de nouveau
arrêté et la médersa fermée sur arrêté du préfet de Constantine. Il
ne laissera aucun répit au préfet jusqu'à obtenir la réouverture de
la médersa en montrant un courage à toutes épreuves. C’est de cette
période que les militants et les cadres du parti au niveau national
lui donneront le surnom du « préfet de Constantine ».
- En 1953 la crise éclate au sein du
parti entre les centralistes et les messalistes et El Hadj Belgacem
va faire tout son possible pour l’unification des rangs.
- Etant mis au courant par si Mostafa
Ben Boulaid du projet de 3ieme voie (ni centralistes ni messalistes
et passage immédiat à la lutte armée ) il obtient de ce groupe
(Boudiaf, Ben Mhidi, Ben Boulaid et Didouche ) de le laisser faire
une tentative auprès de Messali hadj pour l’amener à l’union et à la
déclaration de la révolution car il continuait à jouir d’un très
grand prestige au niveau international et surtout arabe. C’est ainsi
qu’il ira à NIORT en compagnie de si Mostafa Ben Boulaid le 23
février 1953 pour convaincre le président du parti mais vainement
celui-ci était très remonté contre les centralistes voulait leur
abdication et leur radiation . El Hadj Belgacem refera une tentative
au mois de juillet 1954 ,les 15 /16 et 17 mais toujours sans
succès ; à l’occasion du congres d’Hornu en Belgique organisé par
l’aile Messali.
- A son retour il a une entrevue avec
Didouche Mourad au QG de la zone II future wilaya II pour lui
rendre compte de sa médiation et son échec et lui marquer son accord
pour le passage à l’acte révolutionnaire et la désignation des
objectifs . (témoignage de hadj Boukadoum auprès de Messaoud
Boudjeriou ).
- En novembre 54 et après avoir
désigné les objectifs au groupe de militants armés de SKIKDA (Aissa
Boukerma , Hammadi Krouma , Mohamed Hamrouche et une douzaine
d’autres ) il se prépare à prendre le maquis . Mais il est arrêté le
21 décembre 1954 et transféré à SKIKDA ou il subit des tortures
avant d’être jugé le 16 avril 1955 par le tribunal militaire de
SKIKDA qui lui inflige 10 ans de réclusion ,10 ans de privation des
droits civiques et 10 ans d’interdiction de séjour.
- Le témoignage d’un oukil présent à
ce procès et désigné pour traduire de et vers EL HADJ BELGACEM a
rapporté comment il avait impressionné toute l’assistance par sa
prestance et le courage de ses réponses.
- Il est jugé de nouveau pour atteinte
à la sécurité de l’Etat à Guelma et cumule trente ans de peine.
- Il est transféré à la prison du
Coudiat à Constantine ou il est voisin de cellule de Mostfa Ben
Boulaid et son groupe de condamnés à mort (une trentaine ) dont son
propre groupe de SKIKDA ainsi que Tahar Zbiri et d’autres héros qui
vont s’évader pour continuer la lutte armée et pour la plupart
tomber au champ d’honneur.
- Après cette évasion EL HADJ BELGACEM
est transféré à Lambèse BATNA ou il en fera voir de toutes les
couleurs aux autorités pénitentiaires réclamant les droits inhérents
aux prisonniers politiques ,avec grève ,protestations et grèves de
la faim jusqu'à obtenir les droits d’instruction ,de pratiques des
5 prières quotidiennes ainsi que de celle du vendredi en groupe .
- En 1961 il est transféré à la prison
de SKIKDA et le même travail de sensibilisation à la lutte armée est
pratiqué dans les trois prisons de façon à retourner les détenus de
droit commun en militants croyants et futurs combattants des leur
sortie.
- En avril 1962 , après les accords
d’Evian et le cessez le feu du 19 mars il est libéré et fait un
retour triomphal à AIN BEIDA ou sa première escale fut à la mosquée
pour une prière de louange à ALLAH pour lui avoir permis de
participer et d’assister à l’Indépendance annoncée.
- Au mois de juillet 1962 il défile à
la tête des troupes de l’ALN commandées par le colonel Tahar Zbiri.
- Le président Ben Bella lui propose
le poste de député délégué d’Ain-Beida à la première assemblée
constituante de l’Algérie indépendante. Il décline l’offre et assure
que sa mission politique est maintenant terminée.
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- L’ŒUVRE DE HADJ BELGACEM après
l’Indépendance :
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- Le ministre des Habous Tedjini
Haddam lui propose alors le poste de Inspecteur général des Habous
dans les OASIS ( on appelait ainsi les départements du sahara
oriental ) avec poste à Touggourt puis BISKRA en 1963.
- En 1965 ,après le coup d’état du 19
juin, il démissionne et décide de se consacrer à l’enseignement. Il
est nommé Professeur de lettres arabes au lycée HIHI EL MEKKI ; le
chahid était parmi ses élèves et ses disciples du parti à
Ain-Beida !!!
- HADJ BELGACEM à l’origine de la
construction de la mosquée
- EMIR ABDELKADER de CONSTANTINE
- Parallèlement à ses taches
d’enseignement au lycée Hadj Belgacem entreprend la construction
d’une mosquée de quartier à Bab El Kantara à Constantine à la place
d’un ancien boulodrome en dessous du lycée et il crée une
association à cet effet.
- Parmi les nombreuses personnalités
qu’il a contacté en Algérie et à l’étranger, il saisit le président
HOUARI BOUMEDIENNE qui lui transmet aussitôt un chèque de 300.000 DA
par le biais du chef de la 5emme région militaire à Constantine , le
colonel Ben ahmed Abdelghani qui le convoque pour en prendre
possession mais lui demande de changer le projet en « plus grande
mosquée d’Afrique » . Hadj Belgacem refuse de laisser tomber son
projet de quartier et laisse tomber le chèque du Président. Il se
met au travail avec les membres de l’association et la construction
avance à 80% lorsque la maladie l’immobilise .
- Le 27 mars 1969 Hadj Belgacem rend
son dernier souffle .
- Les funérailles nationales
émouvantes eurent lieu à Ain-Beida le 28 mars 1969 dans une ville
fermée en signe de deuil et d’hommage à son illustre fils qui était
mis dans sa terre.
- Toute une vie dédiée à la libération
de la nation et à l’essor de l’ISLAM ; ainsi qu’à l’éducation de
générations successives ,venait de s’achever ce jour ou il rejoignit
le seigneur pour reposer dans son Eden aux côtés de ses frères
martyrs et héros de la cause nationale inchaallah .
- Rahimahou ALLAH oua askanahou
fassiha jinanihi.
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- Par Hocine Zinai le 08 avril 2008
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- Bibliographie :
- Benyoucef Benkhedda :Les origines
du Ier Novembre p 222
- Bélaid Abdeslam :Le hasard et
l’histoire tome 1 p.23
- Mohamed Harbi : Le FLN mirages et
réalités p.110
- Ahmed Mahsas :Le mouvement
révolutionnaire algérien p.304
- Témoignages de Tahar Zbiri à l’ENTV
le 1er novembre
- La dépêche de Constantine du 17
avril 1955.
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