Amar Khemmar

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De son vivant, Ammar Khemmar, était passionné par l'écriture et la musique. D'ailleurs, c'était lui qui s'occupait de tout ce qui a trait à la culture dans notre ville. Pour l'anecdote, Ammar a eu l'immense privilège d'accueillir en 198O le regretté Dahmane El Harrachi invité à l'époque à se produire à Ain Beida à l'occasion de la quainzaine économique sous le règne de Dehbi Moulay.
La soirée se termina en queue de poisson  puisque l'artiste en question, en compagnie de Azzouz Boudjemaâ, Ammar Khemmar, bien sûr, et Amrane l'ours, se sont adonnés à de véritables libations qui ont eu raison de la lucidité du chanteur qui n'a eu qu'à prononcer quelques mots dont "ya el Hadjla" pour tomber ensuite dans un état très critique qui a obligé les organisateurs à annuler sa prestation.
Feu ammar ne cessait, de son vivant, de pleurer le sort d'Ain Beida et de sa culture qui tendait à disparaître malgré que certains intellectuels refusaient d'abdiquer. Il me disait qu'on se devait de sauver les meubles en multipliant les contacts et en essayant d'aider les autres pour surtout aimer la lecture dont il était un mordu.
On a eu à s'estimer mutuellement et nos rencontres s’articulaient essentiellement sur la culture en général et le journalisme en particulier. Il voulait qu'Ain Beida retrouve son lustre d'antan lorsqu'elle était citée partout comme référence de la culture. On a partagé de moments agréables à s'échanger des idées et à faire des projets qui malheureusement sont restés en l'air et fonder des espoirs qui se sont envolés par la faute de gens incultes dont le seul souci était de se remplir les poches au détriment de la culture. Il avait un profond sentiment de solitude dans une ville qui ne lit plus et ne se documente plus. Son meilleur ami Mustafa Boukhalfa vient lui aussi de décéder dans cette solitude dévastatrice qui a emporté aussi Mohamed Confasa, l'homme qui avait rendu un énorme service à la ville en vendant des livres à des prix dérisoires.
Vous raconter la vie de Ammar Khemmar, que j'ai très bien connu, c'est vous replonger dans les années où Ain Beida faisait notre fierté. Il était d'une immense culture même s'il n'a jamais fréquenté l'université. Un autodidacte de grande valeur dont la ville en avait vraiment besoin. Je peux m'étaler longuement sur l'itinéraire de cet homme de valeur qui s'est également passionné pour la presse en mettant surtout en exergue la ville et ses coutumes sans nullement se soucier du reste car il adorait Ain Beida et aimait lui rendre service. D'autres personnes prendront peut être le flambeau pour relancer par exemple le théâtre, organiser des salons du livre et s'intéresser au cinéma à travers des associations. Rien n'est impossible. Ammar le faisait malgré sa situation sociale qui frisait la pauvreté. Au fait la pauvreté réside dans l'esprit et sur ce plan, Ammar était très riche même si ses poches étaient souvent vides.

Par Zoubir Khélaifia le 05/03/2008